Ludivine a laissé un commentaire sur la chronique du livre "Des fraises en hiver", parlant notamment de la fabrication de produits d’entretien. Elle a gentiment accepté d’écrire un article sur ce sujet afin de nous faire part de ses expériences. Il est particulièrement intéressant et détaillé. Il ne reste plus qu’une chose à faire : essayer !
Ludivine est étudiante en médecine et tient le blog l’ordonnance ou la vie.
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Avez-vous déjà lu la composition des produits pour la maison que vous utilisez quotidiennement ? Généralement, la liste est longue, incompréhensible et accessoirement assortie d’un charmant logo : dangereux pour l’environnement. Une liste tellement étrange que j’en suis venue à me poser plusieurs questions : comment faisions-nous avant que ces produits industriels n’existent pour nettoyer ? Toutes ces molécules sont-elles vraiment utiles, font-elles vraiment une différence ? Ne pourrait-on pas réduire la liste à quelques produits de base, et si possible non dangereux pour notre planète et pour notre santé ? Après quelques recherches, je me suis rendue compte que de nombreuses solutions simples, efficaces, respectueuses existaient et que pour fabriquer tous les produits cités dans le titre, il suffisait de seulement quelques substances de base trouvables… en supermarché !
1. Pourquoi vous aussi, vous pouvez le faire !
Dans cet article, je vais vous exposer les solutions que j’ai adoptées depuis plusieurs mois déjà. Si vous vous lancez dans des recherches approfondies sur Internet, vous verrez que diverses recettes existent. Beaucoup d’entre elles proposent en quelque sorte de fabriquer des produits quasi-identiques à ceux du commerce par vous-mêmes avec une dizaine d’ingrédients. Personnellement la complexité me décourage d’emblée, j’ai préféré adopter le principe de la simplicité. Toutes les recettes sont donc très faciles à réaliser.
Mais avant de vous transformer en chimiste aguerrit, quel est votre intérêt à changer vos habitudes ? Plusieurs raisons sont tout à fait recevables.
Le coût
Fabriquer ces produits vous reviendra bien moins cher que ceux du commerce sachant que chaque matière première est multifonction.
Pour vous donner une idée, voici quelques exemples de prix des substances que vous allez pouvoir acheter :
- bicarbonate de soude : 1 kg = 4.5 euros
- cristaux de soude : 1.4 kg = 2.3 euros
- savon d’alep 12% : 200g = 3 euros
- vinaigre blanc/cristal : 1 L = 0.75 euros
Sachant qu’une fois acquis, ils vont vous permettre de tenir plusieurs mois (enfin cela va dépendre de votre addiction au ménage !).
Maîtriser la composition
Un autre avantage de la fabrication maison est qu’elle vous permet de maîtriser la composition de ce qui va entrer en contact avec votre corps (peau, poumons par la respiration, résidus sur les vêtements ou sur la vaisselle) et dans le même temps limiter le nombre de ces molécules dont la nature est souvent cryptée par une nomenclature illisible sans mode d’emploi. Ainsi, vous passez sans grand effort de 9 molécules étranges pour le liquide vaisselle (je prends pour exemple la composition de celui que j’utilisais) à 2 molécules que vous connaissez et de 10 molécules pour le nettoyant sol à 1 seule !
L’aspect éducatif
Si vous avez des enfants (ou des invités) vous allez pouvoir leur apprendre comment fabriquer simplement tous ces produits. Après ce rapide cours pratique, ces informations resteront et lors des achats, vos enfants, vos amis ne verront probablement plus les produits industriels de la même manière. Lorsque les consommateurs sont éduqués, ils perdent leur “naïveté” et leurs choix évoluent au fil du temps vers des actions plus responsables et respectueuses de leur écosystème. Evidemment, ce n’est jamais du 100% mais sont qui ont acquis les concepts, les conservent et les appliquent durablement.
Le plaisir
Et bien oui, le plaisir de savoir que les produits que l’on va créer et utiliser ne sont pas nocifs pour l’environnement. C’est une satisfaction que vous aurez à chaque utilisation et dont finalement peu de personnes peuvent jouir actuellement, vu que la plupart d’entre nous n’imaginent même pas à quel point il est simple de fabriquer tous ces produits d’usage quotidien, ni même à quel point ils sont polluants pour l’environnement. A présent, vous allez pouvoir faire la vaisselle, le ménage et la lessive dans la bonne humeur
2. Recettes et mode d’emploi
Produit nettoyant pour le sol
Pour ce produit, on part vraiment de la base. C’est la recette la plus facile à réaliser puisque vous n’avez besoin que :
- d’un seau avec sa serpière
- de vinaigre blanc/cristal
- de l’eau chaude
- et si vous le souhaitez quelques gouttes d’huile essentielle de citron ou tout autre huile essentielle dont l’odeur vous plaît.
En pratique, remplissez votre seau d’eau chaude si possible (ça sèche plus vite), ajoutez 1 verre de vinaigre pour le seau d’eau, puis… pas de miracle, passez la serpière. Le vinaigre étant de plus un désinfectant, vous pourrez par la suite vous allonger sur le sol sans crainte.
Produit vaisselle
Pour le produit vaisselle, quelques précisions. Pourquoi abandonner les produits vaisselle du commerce ? En plus des points cités au-dessus, lorsque vous lisez “anti-bactérien” sur une bouteille de liquide vaisselle, dites-vous déjà que c’est mal parti. Détruire les bactéries et autres microbes, pour ensuite essuyer la vaisselle avec un chiffon non stérile… ça ne sert pas à grand-chose. De plus, je n’ai jamais vu dans un de mes livres de médecine de cas rapporté d’une personne qui se serait intoxiquée avec sa vaisselle ! Avec des conserves fait maison oui, mais pas avec de la vaisselle contaminée. De plus, une fois nettoyée et rincée, votre vaisselle ne contient plus tellement de sources “alimentaires” pour nourrir les bactéries posées sur l’assiette, la fourchette etc. Les microbes finissent pour la plupart par mourir de faim au bout de quelques heures, votre vaisselle est donc quasiment désinfectée d’elle-même.
En revanche, le produit vaisselle que vous allez fabriquer va être très différent de celui que vous avez l’habitude d’utiliser, mais tout aussi facile à utiliser au quotidien et efficace, une fois que vous aurez dépassé l’état de surprise. Il vous faut savoir plusieurs choses avant de tenter l’expérience, dont une extrêmement traumatisante : le produit vaisselle maison ne MOUSSE PAS (je sais ça choque) et est LIQUIDE (catastrophe…). Pour autant, il a un grand avantage : il NETTOIE très bien !
Recette et préparation :
- bicarbonate de soude : 1 cuillère à café
- cristaux de soude / carbonate de sodium (synonymes) : 1 cuillère à soupe
- éventuellement 10 gouttes d’huile essentielle de citron (ou autre), dans ce cas stocker le liquide dans un récipient opaque ou en verre teinté, car les huiles essentielles se dénaturent à la lumière.
- compléter à 500 mL avec de l’eau
En pratique ce n’est pas compliqué, vous mélangez tous ces ingrédients dans une bouteille/votre ancienne bouteille de liquide vaisselle/ou une bouteille opaque si vous utilisez des huiles essentielles. Vous remuez le tout, laissez reposer quelques heures et c’est prêt ! Pour l’utilisation au quotidien, je secoue un petit coup avant utilisation, je prends une coupelle dans laquelle je verse un peu de liquide selon la quantité de vaisselle à faire et j’y trempe régulièrement mon éponge pour recharger en liquide vaisselle, sans pour autant l’imprégner totalement (en partant du principe que votre vaisselle a déjà vaguement trempé dans l’eau pour détacher les résidus, histoire de ne pas frotter et se faire une tendinite du coude). Je recharge l’éponge toutes les 4-5 pièces de vaisselle.
Pour détailler un peu l’action les cristaux de soude et le bicarbonate de soude ont une action dégraissante assez impressionnante. L’autre jour j’ai nettoyé des ustensiles imprégnés de mayonnaise maison et ils étaient parfaitement propres, non gras etc.
Ensuite, pour parfaire le nettoyage de la vaisselle, j’utilise dans l’eau de rinçage du vinaigre blanc, le même que pour le sol à hauteur d’1%, (environ 2 L d’eau bien chaude dans une bassine pour rincer la vaisselle de 4 personnes). Le vinaigre a une action complémentaire car il permet d’enlever le calcaire (vos fonds de casserole seront brillants et vos verres également) et il a une action désinfectante. Autant de bonnes raisons de l’adopter dans cet usage.
Vu que les produits ne contient pas de glycérine ni autre agent hydratant, utilisez des gants si possible, cela vous évitera d’avoir la peau desséchée à la fin et brûlée par l’eau chaude.
Lessive
Même histoire pour la lessive. Les lessives du commerce contiennent pour la plupart au moins un agent polluant pour l’environnement (souvent de l’EDTA). De plus, ces lessives sont régulièrement à l’origine d’allergies cutanées, de démangeaisons et autres indices qui indiquent que leur composition ne laisse pas notre corps indifférent.
Des recettes de lessive, il y en a plusieurs qui sont “réputées” sur le net avec plus ou moins de composants. Pour rester dans mon optique du “moins il y a de choses dedans, mieux je me porte” j’utilise la recette la plus simple à faire et dont je suis ravie.
Recette et utilisation :
- 150 g de savon d’Alep ou de Marseille rapé et composé d’UNIQUEMENT huile d’olive, huile de laurier (pourcentage inférieur à 20%), soude végétale. Dès qu’il y a de la glycérine, de l’huile de palme, du parfum ou autre composant que vous ne comprenez pas, c’est que c’est déjà bidouillé. Pour être sûr de trouver un produit de composition adaptée, allez en boutique bio ; dans les supermarchés, il est rare de trouver de “vrais” savons de Marseille ou d’Alep.
- 3 L d’eau
Cette recette comporte une phase pas très agréable qui consiste à râper le savon en copeaux. Pour autant, ce petit inconvénient est rapidement compensé par le fait que vous allez pouvoir préparer un bon stock de plusieurs litres de lessive. De plus, vous pouvez en râper à l’avance et le stocker jusqu’à la prochaine fournée. Autre alternative, certaines marques proposent directement des copeaux prêts à l’emploi ; néanmoins, attention à la composition !
Assurez-vous d’avoir une casserole pouvant contenir 3 L (vous pouvez faire plus en suivant les proportions) que vous faites bouillir. Puis vous ajoutez les 150 g de copeaux, vous mélangez jusqu’à dissolution complète, vous laissez tiédir, puis vous transférez dans un ancien bidon de lessive commerciale (si vous avez gardé le dernier de votre vie…
) ou dans tout autre récipient adapté. Secouez bien le mélange avant utilisation histoire de mixer les phases, puis remplissez la boule à lessive ou le bac. Après, selon le type de linge, des améliorations peuvent être apportées, mais la lessive seule suffit pour du linge porté au quotidien, qui n’est pas taché.
Parmi les améliorations, vous pouvez rajouter une poignée de cristaux de soude dans le bac à lessive, pour dissoudre des tâches de graisse. Autre option, ajouter du bicarbonate de soude (ajouter dans le bac à lessive) pour du linge à désodoriser comme les chemises par exemple.
Comme adoucissant, j’utilise du vinaigre blanc à hauteur d’un verre à moutarde dans le bac adoucissant. C’est étonnamment efficace. Si vous voulez parfumer votre linge, vous pouvez rajouter quelques gouttes d’huile essentielle.
Ce qui m’a le plus déstabilisée avec la lessive maison, c’est qu’une fois sec, le linge ne sent RIEN, même avec de l’huile essentielle, l’odeur ne reste pas. C’est très perturbant car nous avons tellement l’habitude d’associer linge propre avec parfum de synthèse que le cerveau s’en trouve déboussolé. Mais de manière amusante, après des semaines de lavage écologique, j’ai sorti de l’armoire du linge anciennement lavé à la lessive industrielle et j’ai trouvé l’odeur particulièrement agressive et très chimique. Comme quoi, on peut se rééduquer dans le “bon sens”.
3. Côté santé
Côté médical, bien que la médecine s’occupe peu de l’impact des produits industriels sur la santé, ne rêvons pas en pensant que ces produits n’ont aucune influence sur notre corps au long terme. Toutes ces molécules sont régulièrement en contact avec notre peau, nos poumons et les personnes qui se révèlent ultrasensibles à certains produits, sont en quelque sorte les témoins de leur action sur notre organisme.
Les allergies et autres irritations sont monnaie courante en consultation, et lors de l’interrogatoire on retrouve souvent un produit d’hygiène ou d’entretien acheté récemment, juste avant le début des signes. Etrangement, son arrêt entraîne une disparition des problèmes. Le lien est évident, alors pourquoi continuer à mettre notre corps sous pression ?
Du moment que des solutions alternatives simples et facilement accessibles existent, je ne vois pas où se trouve l’intérêt de continuer à soumettre notre système immunitaire – qui a déjà assez à faire avec les virus, bactéries et autres maladies – à des agents chimiques dont on peut se passer. Le calcul est vite fait, d’autant plus que c’est bon pour la planète, nos congénères quelle que soit leur espèce et cela nous coûte peu d’énergie. Alors, qu’est-ce qui vous retient de passer à l’action ?
Des Fraises en Hiver
Et autres besoins inutiles de notre alimentation
Auteur : Claude-Marie VADROT
Editions : Delachaux et Niestlé
Collection : Changer d’ère
ISBN : 978-2-603-01679-4
Pages : 174
Prix : 19€
Sommaire
- Introduction : Quand fruits et légumes mondialisés ramènent leur fraise
- Chapitre 1 : Quand le communicant réinvente la pomme au paradis des marchands
- Chapitre 2 : Mon pauvre monsieur, y a plus de saison
- Chapitre 3 : Longs voyages alimentaires vers l’Europe
- Chapitre 4 : Trop d’épines sur les roses voyageuses
- Chapitre 5 : Escargots, veaux et grenouilles prennent l’avion
- Chapitre 6 : Les kilomètres s’entassent dans les assiettes
- Chapitre 7 : De la fraise à l’Airbus, tout est délocalisable
- Conclusion : Et pendant ce temps-là, le gaspillage de nourriture…
- Postface : La fin du voyage
- Que faire ? Petites et grandes solutions
Le thème
Claude-Marie VADROT, dans son ouvrage, nous amène à la réflexion sur notre quotidien et sur nos modes de consommation. Il traite dans chaque chapitre d’un cas particulier en l’analysant en profondeur. Dans ce livre, la fraise reste le symbole des produits “hors saison” qu’il est banal de trouver sur les étals dès janvier. La banalité, voilà le problème de fond. Banalité créée par les gourous du marketing des grands groupes de distribution qui nous expliquent ce que nous devons manger, et ce qui est bon pour notre santé. Nous avons perdu la relation à la nature et nous sommes déphasés par rapport aux saisonnalités.
Eh oui ! La nature a besoin de suivre des cycles. A besoin d’eau, de lumière, de soleil, de chaleur à certains moments opportuns. L’homme joue avec ces constantes au risque de tout dérégler.
Pour pouvoir produire “hors saison”, les laboratoires ont mis au point des “produits” (nous ne sommes plus dans le monde du vivant) supportant particulièrement bien les manipulations et les transports. Des “produits” standardisés, clonés, élevés (produits ?) à grand renfort de produits chimiques et dans un double irrespect : celui de la nature et de l’environnement, celui de la main d’œuvre employée et exploitée sur les lieux de production.
Un pur produit marketing sans aucun goût. Peu importe, c’est un produit d’appel !
Claude-Marie VADROT va au fil de son livre prendre des exemples de ce problème de société.
Notre avis
Contrairement à notre habitude, nous commençons par “notre avis”, pour la simple raison que notre chronique est très longue. En effet, le livre “grouille” d’exemples et de références, il était important pour nous de détailler chacun des chapitres.
Notre avis donc est particulièrement simple : lisez-le !
En effet, Claude-Marie VADROT a travaillé en profondeur son sujet, les exemples sont particulièrement pertinents. Qui plus est, l’auteur sait manier un certain humour, même si le sujet est grave. Il suffit pour s’en convaincre de lire le sommaire que nous avons repris ci-dessus.
Donc lisez-le et parlez-en autour de vous afin d’incitez votre entourage à prendre conscience de nos modes de consommation. Et surtout, vous, lecteurs, mettez en action les principes simples relevés par Claude-Marie VADROT à la fin de son ouvrage. Devenez consom’acteurs ! Et ne laissons pas les grands groupes de la distribution nous imposer leur choix au détriment de la planète. Nous avons les cartes en mains, agissons !
N’hésitez pas à mentionner dans les commentaires les actions que vous avez mises en place afin de devenir consom’acteurs.
Entrons dans le détail de chaque chapitre.
Introduction : Quand fruits et légumes mondialisés ramènent leur fraise
L’Espagne est plus particulièrement l’Andalousie produit 28% des 1.1 million de tonnes produites dans l’Union Européenne. A comparer aux 4% de la France. La production industrielle des fraises génère une dépense énergétique extraordinaire : au moins 20000 poids lourds par an pour un dizaine de tonnes chacun, roulant sur des distances énormes (plus de 2500 km entre les lieux de production et les lieux de vente). L’Andalousie c’est 6000 ha couverts de serre en plastique. Seulement 60% sont autorisés. Les 40% restants ? On ferme les yeux, business oblige ! Le lobby des producteurs de fraises est très actif.
Le pire : l’Andalousie devient un désert couvert de plastique. Terres stérilisées, consommation d’eau en augmentation et réserve en diminution, emploi de produits chimiques (interdits !) qui tue la biodiversité de la région.
L’homme aussi en paye le prix. La main d’œuvre bon marché et saisonnière est exploitée puis “jetée”, exposée en permanence aux produits chimiques. Cet main d’œuvre bon marché permet de compenser les dépenses en transports énormes.
(…) quel est l’intérêt, autre que financier, de faire manger aux Africains des poulets produits à la chaîne et congelés en Bretagne ou ailleurs par des industriels de la malbouffe, parce que ceux qu’ils élèvent, les célèbres “poulets bicyclettes”, sont un peu plus chers malgré la proximité des élevages familiaux ? De même, quelle est la logique qui conduit le riz camarguais ou les riz américains sur les marchés de Dakar ? Les Africains, les Européens –en fait le monde entier- se retrouvent prisonniers d’un maelström mondialisé, d’un mouvement quasi perpétuel qui vise à nous persuader qu’il est normal de faire voyager sur des milliers de kilomètres des fruits, des légumes, des tissus, des yaourts, des fromages, de la viande, des voitures ou des bicyclettes qui font gaspiller largement plus d’énergie dans leur transport que pour leur fabrication ou leur culture.
Chapitre 1 : Quand le communicant réinvente la pomme au paradis des marchands
Il y a 40 ans, aux USA, le marketing réinvente nos produits de consommation quotidienne. Ils seront standardisés ! Au diable la biodiversité !
Il fallait donc, pour satisfaire d’aussi rentables objectifs, que les fruits ou les légumes sélectionnés par les “Star Académies” des communicants et de leurs obligés accèdent à une certaine beauté soigneusement apprêtée, et surtout qu’il conservent toujours le même aspect. (…) les oignons se devaient de rentrer dans le rang et les pommes de sembler sortir du paradis.
Ces fruits et ces légumes, tendant vers la perfection esthétique, devaient, d’un jour à l’autre, d’une année sur l’autre, se ressembler, et donc également ressembler aux “choses” parfaites présentées dans les dossiers de communication et les publicités.
Cette standardisation s’est appliquée en premier aux pommes ou devrai-je dire à “LA” pomme étant donné le peu de choix possible. Les variétés formatées sont dorénavant des marques déposées comme la Pink Lady® inventée à la fin des années 90. La produire demande le paiement de la “dîme” au “concepteur”. La France regroupe un millier de variétés (pour 10000 au plan mondial). Seule une dizaine de variétés se retrouve sur les étals . Le “Beau” au détriment du Bon !
Le marketing a créé le besoin de fruits notamment exotiques : orange, banane, mangue, avocat… Fruits qui arrivent chez nous après l’exploitation d’une main d’œuvre locale bon marché exposée encore et toujours aux produits chimiques abondamment déversés sur les plantations.
Chapitre 2 : Mon pauvre monsieur, y a plus de saison
Fruits et légumes de saison ? Faites le test autour de vous, posez la question “définir et nommer des fruits et légumes de saison”. Toute une génération a oublié ce que peut être les fruits et légumes de saison, conditionnée depuis plus de 20 ans par un marketing parfaitement orchestré.
Combien de gens sont persuadés que les tomates poussent toute l’année en pleine terre ? Alors que, pendant au moins la moitié de l’année, c’est impossible, qu’elles viennent des Pays-Bas ou du sud de l’Espagne. Dans le même temps, chaque année, les dossiers de communication de la grande distribution et de quelques grandes exploitations agricoles tendent à nous faire croire qu’en raison du gel, il est impossible d’arracher les poireaux ou les carottes et de cueillir les salades pendant quelques jours.
Nous avons oublié les cycles naturels des végétaux.
Non ! Les fraises ne mûrissent pas en hiver en France !
Il est surprenant que, dans un pays dont les habitants sont de plus en plus passionnés par la météo et inquiets du changement climatique, cette problématique de la saison ne génère pas davantage d’interrogations.
Les pays fournisseurs de la France en fruits frais sont :
- La Grande-Bretagne : 220000 t
- L’Espagne : 200000 t
- Les Pays-Bas : 145000 t
- La Belgique 100000 t
- L’Italie : 100000 t
Ces tonnages représentent des centaines de milliers de camions sur la route ! L’impact environnemental, dû aux émissions des gaz d’échappement, est donc énorme. Un exemple qui fait réfléchir : la plateforme de Perpignan (fruits) centralisent les transports en provenance de l’Espagne et reçoit tous les ans 400000 poids lourds.
Chapitre 3 : Longs voyages alimentaires vers l’Europe
Banalisation des échanges mondiaux ! Peu de consommateurs réfléchissent aux conséquences des provenances des fruits. Communication parfaitement orchestrée… “on ne peut pas faire autrement !”.
la tromperie et l’illusion d’un été permanent, ainsi entretenues par l’omniprésence des fruits mondialisés et banalisés, ont partout cette redoutable efficacité : “Où est le problème ? demandait une belle bourgeoise de l’avenue du Trône questionnée sur la pomme chilienne qu’elle venait d’acheter. Elle a l’air belle, vous avez quelque chose contre le Chili ?
Méfions-nous des campagnes promotionnelles pour tel ou tel fruit. Très souvent retranchée derrière un discours pseudo-médical. Elles sont là pour créer l’accoutumance, la banalisation et la justification des kilomètres parcourus. Quelque soit le fruit présenté, chose extraordinaire, le texte sera le même !
Le danger est de créer dans les pays du sud des famines en monopolisant les terres vivrières au profit des exportations. Comme au Sénégal : 200 ha pour produire des tomates cerises (produisant 10% de la consommation européenne). Le salaire de l’ouvrier agricole étant de 2.80€/jour.
Chapitre 4 : Trop d’épines sur les roses voyageuses
Les fleurs coupées qu’on trouve (à bas prix) dans les boutiques spécialisées et grandes surfaces proviennent des Pays-Bas. Enfin le semble-t-il ? Les Pays-Bas achètent 95% des roses produites en Afrique ! Pour les revendre après naturalisations néerlandaises (!) et repartir, toujours en avion, vers toute l’Europe, les USA et le Japon. Les Pays-Bas sont la plaque tournante du commerce de la fleur avec le marché d’Aalsmeer dont le bâtiment couvre 150 ha ! Chaque jour (sauf le week-end) 20 millions de fleurs et 2 millions de plantes circulent. Gaspillage énergétique énorme pour transporter ces fleurs à la durée de vie si brève, bien évidemment possible par l’exploitation des ouvriers locaux. Eh oui, les roses ne fleurissent pas en hiver chez nous ! Une rose cueillie le lundi au Kenya, transite aux Pays-Bas le mercredi, arrive à Rungis le vendredi pour être vendue le week-end.
La Rose et le Kenya en chiffres et en faits
- 5000 ha près du Lac Naivasha
- Une culture industrialisées à grand renfort de pesticides et d’engrais
- Le lac entièrement pollués
- Une consommation d’eau énorme (le lac a baissé de 3 m depuis 1980)
- les Masaïs chassés de leurs terres
- Une eutrophisation du lac
- La disparition d’espèces animal (le quart des hippopotames a disparu, moins de poissons, le bétail qui meure après s’être abreuvé sur les berges)
- Une prévision à 15 ans d’avoir un lac mort
- La végétation des bords du lac a disparu
- Erosion
- Stérilisation du sol (comme en Europe pour les fraises)
- Pour les ouvriers agricoles (environ 2000 pour 220 ha) ce sont les expositions aux produits dangereux sans aucune protection (femmes, adolescents, enfants) : maladies pulmonaires et digestives, affections cutanées, cancers, maladies du foie et des reins, malformations à la naissance…
- Disparition des cultures vivrières et de l’élevage
- Salaire des ouvriers de 40 à 50€ par mois pour 12 heures quotidiennes
- D’autres pays suivent “l’exemple” du Kenya : Ethiopie, Zambie, Rwanda, Ouganda, Zimbabwe et également en dehors de l’Afrique Chine, Thaïlande, Colombie, Equateur.
La population est passée de 7000 en 1969 à 300000 en 2007. En attirant tant de gens, les sociétés internationales d’horticulture ont créé un fardeau écologiquement insupportable pour le lac. Les gens utilisent et polluent l’eau pour vivre, ils braconnent pour se procurer de la viande. Ils vont de plus en plus loin pour se procurer du bois et fabriquer du charbon de bois. Un arbre de cinquante ans fournit environ cinquante sacs de charbon de bois et une famille utilise quotidiennement un sac.
Derniers chiffres, qui rappellent en passant que ce commerce, censé répondre à une demande de la clientèle, a été organisé, puis monté en puissance par les grands circuits de distribution : en 2006, le super et hypermarchés représentaient 3.2% des ventes de roses ; en 2009, ils ont écoulé plus de 50% de ces fleurs , produites dans les pays du Sud.
Chapitre 5 : Escargots, veaux et grenouilles prennent l’avion
Le ramassage des escargots est très encadré. Trois espèces sont visées : le petit gris, Helix aspersa Muller, son cousin germain, Zonites algirus et l’escargot dit ”de Bourgogne”, Helix pomatia Linnaeus.
Interdiction du ramassage des spécimens vivants d’Helix pomatia et de leur cession à titre gratuit ou onéreux : en tout temps lorsque la coquille a un diamètre inférieur à 3 cm ; pendant la période du 1er avril au 30 juin inclus lorsque la coquille a un diamètre égal ou supérieur à 3 cm. Interdiction de ramassage de spécimens vivants à coquille non bordée d’Helix aspersa et de leur cession à titre gratuit ou onéreux en tout temps. Interdiction du ramassage de spécimens vivants de Zonites algirus et de leur cession à titre gratuit ou onéreux en tout temps, lorsque la coquille a un diamètre inférieur à 3 cm.
Paradoxe de la législation française, les tuer (on parle bien de ramassage dans le texte précédent), a priori, ne pose aucun problème au législateur puisque la vente d’anti-limaces (qui fonctionnent parfaitement sur les escargots) est libre et autorisée.
Des chiffres :
- 20000 t consommées
- 6000 t ramassées
- 1000 t issues des fermes
- 17000 t importées (Turquie, Grèce, Pologne, Hongrie, Indonésie)
Les Français sont les premiers consommateurs de grenouilles dans le monde avec 5000 t. Leur cas est similaire aux escargots. Elles proviennent de Turquie pour les vivantes et d’Asie pour les congelés.
40% des veaux nés en France partent en engraissement en Italie, en Espagne ou en Pologne en fonction des subventions favorables. Bien évidemment, à l’aller comme au retour le voyage se fait en camion. De même, le lait voyage au sein de l’Europe : le lait des brebis des causses de l’Aveyron voyage vers la Grèce pour être transformé en Feta, puis revient en France ; les producteurs de fromage français importent le lait de Pologne, Grande-Bretagne… pour produire des camemberts et autres fromages de nos terroirs. De même, un comté fabriqué en Bretagne prend son appellation d’origine “contrôlé” après un petit séjour en Franche-Comté.
La charcuterie voyage tout autant. La Bretagne produit (fabrique ?) 60% des porcs français et seulement 25% de la charcuterie. L’industrie charcutière utilisant aussi des porcs belges, danois, hollandais, espagnols. Les indications d’origine contrôlée ou protégée ne fait en aucun cas état du lieu de naissance et d’élevage des animaux.
Poissons et crustacés ne sont pas en reste. La perche du Nil, dont l’industrie a été révélée par le film de Hubert SAUPER, Le cauchemar de Darwin, et qui en parallèle de la Rose détruit le Lac Victoria. Le film a permis de faire disparaître des étals l’appellation si poétique de “Perche du Nil”. Elle est emblématique de l’exploitation du Sud par les grands groupes de distribution du Nord.
De même, les crevettes roses aussi prennent l’avion. Elles sont “produites” et cuites en Thaïlande, Equateur, Argentine, Inde, Vietnam, Madagascar, Brésil. Les volumes importés : 800000 tonnes en 2008 selon l’U.E. (visionner la 3ème vidéo ci-dessous à partir de 9’45”, pour voir un exemple d’élevage de crevettes).
Le problème majeur de toutes ces importations concerne la traçabilité tant sociale que sanitaire ou environnementale.
Autre exemple, le panga, de la famille des poissons chats et en provenance du delta du Mékong. L’avantage de ce poisson : croissance rapide, filets sans arête… pas de goût et prix défiant toute concurrence. Quelques faits concernant le panga :
-
concentration de 250000 individus par étang
-
nourris avec des farines de poissons en provenance de Chili
-
les femelles sont traitées avec des hormones prélevées dans les urines de femmes enceintes
-
eaux traitées avec des désinfectants et des antibiotiques (une partie s’accumulant dans la chair des poissons)
-
pollution du fleuve par les vidanges des bassins
-
le Vietnam exporte plus d’ un million de tonnes par an
Ou encore, le Saumon Atlantique… “produit” sur les côtes chiliennes dans le Pacifique dans les mêmes conditions que le panga. Quelques faits :
-
16000 km pour arriver sur nos marchés
-
élevage ravagé par le virus AIS (conséquences des conditions d’élevage)
-
contamination aux poissons sauvages
-
conditions sanitaires et environnementales complètement oubliées
-
prolifération de l’algue rouge rendant impropre la consommation des crustacés locaux
-
en 2009, le gouvernement a dû admettre que les 560 “fermes” avaient utilisé 400 t d’antibiotiques (500 fois plus qu’en Norvège !).
-
à noter que ce sont des sociétés norvégiennes qui dirigent ces exploitations leur permettant ainsi de contourner les réglementations européennes
Un point commun à tous ces “trafics” : la grande distribution qui encourage ce type de pratique afin de réduire les coûts et augmenter les marges.
Chapitre 6 : Les kilomètres s’entassent dans les assiettes
Exemple du voyage de la pomme de terre :
- la production se fait en France (Nord notamment)
- transport vers le Maroc ou la Tunisie pour être épluchée
- transport vers la Turquie pour être transformée en frites (congelées) ou en chips
- transport vers la France pour être conditionnée
- vente en France… ou nouveau départ pour les chips vers l’Afrique du Nord ou la Turquie !
Nous mangeons un peu plus de viande de poulet et de bœuf que dans les années 1970, nous consommons un peu plus de fruits et de légumes, et les pommes de terre que nous mangeons, en moindre quantité, nous les retrouvons par exemple dans les chips additionnées d’huile de palme fournie par la déforestation de l’Indonésie.
Rien n’est jamais gratuit puisque, au bout du compte, il y a toujours quelqu’un, dans notre système économique et politique, qui doit acquitter la facture. Ainsi le flot des réfugiés économiques vers les nations industrialisées, la France et les autres, est accéléré par l’exploitation et l’appauvrissement que nous entretenons dans des pays africains avec l’épluchage de nos pommes de terre ou la culture des haricots verts.
Ainsi, exemple entre mille, le Provinciaal Instituut voor Milieu Educatie de la région d'Anvers a calculé qu'une simple soupe en boîte élaborée avec des tomates et des boulettes de viande totalisait, ingrédients et métallurgie de la boîte de conserve additionnés, près de 30000 kilomètres de voyages !
Quelques chiffres notables : empreinte écologique française : 5.3 ha/habitant, empreinte écologique mondiale : 2.2 ha/habitant ; les vêtements parcourent en moyenne 3000 km, les jeans, 8000 km avant d'être achetés. Cette empreinte dépasse donc la capacité de renouvellement des ressources naturelles de la planète.
Nous constatons une non-volonté des instances telles que l'U.E. ou l'O.M.C. de légiférer sur la transparence des origines et des kilomètres "dépensés" avant d'arriver sur nos étalages. Qui plus est, tout devient flou dès lors qu'un produit est transformé. Comme nous l'avons déjà évoqué, il suffit d'un passage sur un territoire national pour obtenir la nationalité souhaitée.
Chapitre 7 : De la fraise à l’Airbus, tout est délocalisable
Effet de la mondialisation sur des produits dits français. L'auteur fait une digression vers les secteurs industriels automobiles ou aéronautiques afin de montrer que là aussi les kilomètres se cumulent.
Rappel des chiffres de la production automobile française
Peugeot-Citroën monte en France 47% de sa production, Renault 25% (en 2003 cette valeur était de 46%, le développement de l'alliance avec Renault-Nissan au travers des marques Renault, Nissan, Dacia, Samsung doit pouvoir expliquer, en partie, cette diminution rapide, l'auteur cependant n'en fait pas mention et nous ne savons pas si nous parlons de Renault exclusivement ou bien de l’ensemble).
En fait, les industriels délocalisent les émissions de CO² lors de la production, les importations faussent donc le bilan carbone des produits achetés. En fait, nous exportons nos déchets vers le tiers-monde.
Conclusion : Et pendant ce temps-là, le gaspillage de nourriture…
Nous sommes confrontés à une démographie galopante. 2011 verra la population de la planète Terre passer le cap des 7 milliards d'habitants. On nous annonce 9 milliards pour 2030 (voire avant). Pourra-t-on nourrir tout le monde ? Le schéma mis en place aujourd'hui ne semble pas adapté pour répondre à cette demande. Alors que dès à présent des problèmes de nutrition touchent une grande partie des populations du Sud, les USA détruisent 40% des produits agricoles qui sont produits ou qui arrivent sur leur territoire… car non-conformes ! Nous en revenons, une fois encore, à l'archétype du produit marketing. En France, ce chiffre s'établit à 30%.
Une enquête menée en Grande-Bretagne en 2007 sur le contenu des poubelles anglaises à révéler qu'un tiers des aliments achetés sont jetés et pour 20% d'entre eux encore dans l'emballage !
Claude-Marie VADROT conclut cependant son ouvrage sur une note optimiste.
Bilan de toutes ces constatations : à peu près la moitié des nourritures produites chaque année sur la planète n'est jamais consommée et donc perdue ou jetée.
Ce constat ne relativise pas toutes les turpitudes de l'industrie agroalimentaire, notamment lorsqu'elle organise les gaspillages, mais il rappelle que l'espoir de nourrir le monde entier avec les ressources actuellement disponibles n'est pas une utopie. Surtout si les sociétés se décident enfin à consommer ce qui pousse dans leurs espaces géographiques, en respectant, partout, les lois de la proximité qui économisent la planète et les ressources naturelles.
Postface : La fin du voyage
L'épisode du volcan islandais qui a bloqué les avions au sol à mis en évidence, pour une trop courte durée, le besoin de transport à tous les niveaux de l'économie. Les media ont mis en scène les naufragés des aéroports et la majorité s'est identifiée à ces personnes bloquées. Un rappel cependant de quelques chiffres : si au moins 70% des cadres dirigeants effectuent plus de 10 voyages aériens par an, seulement 1% des autres catégories voyagent en avion ! Et malgré l'avènement des compagnies low-cost, les voyages aériens pour les ouvriers, employés et agriculteurs stagnent ou diminuent. Est-il donc normal de réellement s’identifier à ces voyageurs en perdition ?
Une illusion d’optique médiatique et sociétale.
Hormis ces désagrément au niveau humain, ce sont les gros importateurs de fruits, de légumes et de fleurs notamment qui ont le plus soufferts. Mettant en exergue la fragilité du schéma "industriel" mis en place pour approvisionner nos marchés. Nous pourrions utiliser l'image du grain de poussière qui grippe la mécanique ! Seule la presse spécialisée a abordée (par le côté des pertes) cet aspect de l'épisode du poussières volcaniques. Le pire de cet épisode est que les pertes ont finalement été absorbées, pour une grande partie, par les populations du sud : il est simple de mettre au chômage (sans contrepartie bien entendu) les employés locaux… la “machine” de production à l'arrêt en quelque sorte !
Comme cela a été dit tout au long de ce plaidoyer contre le gaspillage des importations massives vers un pays qui se prétend encore agricole, le seul remède est de produire local et de consommer local, en réduisant, autant que faire se peut, la distance entre les paysans et les consommateurs. Une recette qui vaut également pour les pays du Sud, pour peu que nous cessions de leur imposer nos modèles de production et de consommation.
Que faire ? Petites et grandes solutions
Des solutions existent, qui, bien entendu, vont chambouler les habitudes. Cependant, la décision nous appartient. Voulons-nous continuer à consommer ce que les marketeurs de la grande distribution souhaitent nous faire consommer sous prétexte que c'est meilleur pour notre santé ? Si la réponse est non, des solutions sont à notre disposition.
- consommer les produits de saison
- adhérer à une AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture Paysanne) qui permet de consommer local et "de saison". Les AMAP sont en pleine expansion (en 2010 entre 2500 et 4500) voir la future chronique
- cultiver son jardin. 250 à 400 m² peuvent suffire à nourrir une famille de 4 personnes (des techniques existent pour les petites surfaces, notamment la culture en carré, lire à cet effet le site suivant Mon potager en carré)
- fréquenter les marchés et acheter aux producteurs locaux
- acheter en direct aux producteurs
- cueillir soi-même, certains agriculteurs, notamment pour la fraise et les fruits rouges permettent la cueillette (sans oublier que les chemins de campagnes abritent quelques fruitiers laissés à l’abandon)
- mais aussi :
- profiter des surproductions estivales du voisin jardinier,
- faire soi-même ses yaourts, ses confitures, ses conserves
- réduire sa consommation de viande (rouge principalement)
- réfléchir à l'origine des articles (vêtements, chaussures…) avant de les acheter, certes bon marché mais qui ne dureront pas (un adage populaire ne dit-il pas : il faut être riche pour acheter bon marché !)
Il est donc rentable, économiquement, socialement, personnellement et écologiquement parlant, de céder de moins en moins à la tentation du jetable. En se disant aussi, forme de parabole sur la mondialisation, que les mauvais fruits et les mauvais légumes sont entrés dans l'ère du jetable et que le moins cher n'est pas forcément le meilleur, même dans le domaine de l'alimentation. Jamais nul ne mettra à la poubelle un bon fruit, un bon légume ou un bon plat, alors que l'on jette facilement une nourriture médiocre.
Crédits photos : GreenEtVert Le jour où notre empreinte écologique a dépassé la biocapacité…
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Livres pour sauver la planète
Pour sauver la planète TERRE : Des livres d’experts traitant d’Ecologie, d’Environnement et de Développement Durable.
Les véhicules électriques (découverts par les constructeurs à la suite de la crise de fin 2009), ont du mal à démarrer aux USA. Selon le site Autobloggreen (en anglais), les deux nouveaux véhicules du marché la Nissan Leaf et la Chevrolet Volt, la première pure électrique, la deuxième hybride, ont réalisé des scores assez modestes en janvier et février. Jugez vous-même :
- Janvier : 321 Volts / 87 Leafs
- Février : 281 Volts / 67 Leafs
Nous constatons que dans les deux cas les ventes ont diminué entre janvier et février alors que ces modèles sont en plein lancement commercial. Ce dernier a eu lieu en décembre et ce sont 928 Volts et 173 Leafs au total qui ont été vendues.
Cependant, les carnets de commande seraient pleins, et ce sont plutôt des problèmes de production qui freineraient les ventes.
Rappelons que le Président Obama souhaite voir rouler un million de voitures électriques en 2015 aux Etas-Unis, et que les plus optimistes visent 20% d’électrique en 2020. La route sera encore longue !
Comme le mentionne un commentaire très à propos sur le site Effets de Terre, les constructeurs “traditionnels” ont une vison trop formatée de la mobilité alors que tout est à inventer dans le secteur de la voiture électrique.
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Claude LORIUS a pendant 40 ans analysé les glaces de l’Antarctique et du Groenland. Ses recherches ont permis de mettre en évidence l’évolution du climat et notamment la teneur en CO² dans l’atmosphère. Vous pouvez retrouver les résultats de ses recherches dans Voyage dans l’Anthropocène dont nous avons fait la chronique sur ce blog. Certains, les climato-sceptiques, mettent en cause ses résultats ou du moins les conclusions en terme de réchauffement de la planète.
Mais pour ceux qui douteraient aussi des résultats du travail de Claude LORIUS sur la glace, un chercheur israélien, Dan YAKIR, du Weizmann Institute, a mené le même type de recherches mais cette fois non pas sur la glace mais sur le papier. Le principe de cette recherche est de mesurer la proportion de l’isotope carbone 13 par rapport au carbone 12.
Le carbone présent dans l’atmosphère est essentiellement du C12. La combustion des énergies fossiles rejettent aussi du C12. Par conséquent, plus le taux de C12 augmente (par les rejets) plus le taux de C13 diminue. Le papier est composé du carbone de l’arbre et donc reflète la composition de l’atmosphère lors de sa croissance.
Vous pouvez trouver plus d’informations sur le site de l’Université “Paper Archives Reveal Pollution’s History” (en anglais).
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Le Malawi, vous connaissez ?
Plus exactement la République du Malawi ? Probablement que oui. Sauriez-vous le situer sur une carte ? Un peu plus difficile. Je vous aide : petit état d’Afrique Australe de 119000 km² (1/5ème de la France) coincé entre le Mozambique, la Tanzanie et la Zambie. Bien que le Malawi n’ait aucun débouché sur la mer, il possède le troisième lac d’Afrique, le lac… Malawi, qui recouvre 20% du territoire. Indépendant depuis 1964 (colonie anglaise), démocratie depuis 1994, le Malawi compte aujourd’hui 15.5 millions d’habitants. En image, voilà ce que ça donne :
Pourquoi parler du Malawi sur ce blog ?
Libération a publié un article sur son site le 25/02/2011, “Malawi, les champs captifs de Monsanto”, expliquant la “mécanique” Monsanto afin de créer le “besoin” auprès des populations locales. Le Malawi doit faire face à des famines depuis 2005, 72% de la population dépend du maïs, il suffit alors de venir au Malawi, d’inciter le gouvernements à donner des subventions pour acheter des semences à Monsanto ainsi que les engrais et traitements indispensables.
Et le tour est joué !
Vous n’avez pas suivi ? C’est simple. Les graines fournies sont des hybrides par conséquent il sera impossible de prendre une partie de la récolte pour avoir les semences de l’année suivante. Les plants issus de ces graines n’auront absolument pas les mêmes caractéristiques que la génération précédente. Donc si la population souhaitent continuer à produire son alimentation il faudra continuer à acheter à Monsanto. Même si le gouvernement a essayé de s’opposer au géant américain en privilégiant la production locale, les bailleurs de fonds (le Malawi est sous perfusion de l’aide internationale) ont réussi à imposer Monsanto !
Prochaine étape les OGM
Misheck Nyirenda, directeur de Monsanto Malawi, est confus : «C’était de la charité ! Enfin… On s’est dit que comme ça, les paysans testeraient notre produit et reviendraient l’année prochaine.»
La compagnie Monsanto, géant de l’agroalimentaire américain, prospère au Malawi. La vision de son directeur, Hugh Grant, est claire : «Il suffit qu’un pays africain dise oui [aux hybrides, ndlr] pour montrer le chemin aux autres.» Il avait noté que «72% de la population au Malawi dépend du maïs pour sa survie alimentaire»
Le pire, l’inconscience de Monsanto va être épaulée par la puissance financière de Bill GATES au travers d’œuvres de charité. Qui ressemble à un petit arrangement entre amis… Et pour continuer sur la lancée la prochaine étape sera d’imposer les OGM qui selon Monsanto sera la seule alternative pour nourrir les 15 millions d’habitants du Malawi.
Réflexions
Les propos de cet article sont clairement exprimés dans le film de Coline SERREAU “Solutions locales pour un désordre global” où elle met en évidence la “mécanique” décrite précédemment. Prochainement nous allons chroniquer le livre issu du film.
Pourquoi faire pousser le maïs alors qu’il n’est pas endémique de l’Afrique. Des cultures locales seraient probablement plus adaptées (sans parler du besoin en eau, en engrais et en traitements). Tout en apprenant aux populations locales de conserver la biodiversité et de cultiver selon la nature.
Pour vous faire une idée de l’ampleur du problème, lire les quelques chiffres publiés sur cet autre article de Libération “Monsanto au Malawi. Repères”.
Crédits photos : Wikipédia, Marie Sophie-Creamarie
Un article intéressant paru le 5 mars sur Slate.fr : Le pari de Warren Buffett pour le XXIe siècle: le train. Cet article est une traduction de l’article originale d’Annie LOWREY sur Slate.com du 28 février.
Warren BUFFETT investit dans le fret ferroviaire
En effet, le milliardaire américain a investi l’an dernier dans une société de fret ferroviaire (BNSF) alors que la tendance était à l’investissement à “l’Ouest”, Singapour, Hong Kong, Silicon Valley et dans des secteurs éloignées du ferroviaires : réseaux sociaux et économie émergente. L’investissement en question a tout de même représenté 26.5 milliards de dollars ! Alors, coup de folie du milliardaire ou investissement raisonné ?
Tout simplement le fret ferroviaire représente aujourd’hui un potentiel de croissance énorme face aux transports routiers. Et d’un point de vue Développement Durable, l’impact écologique est très favorable. Jugez vous-même : un litre de diesel permet de transport une tonne de fret sur 200 km, soit environ trois fois plus que les camions. Si les locomotives sont électriques (et en fonction de la source d’énergie pour créer l’électricité) l’impact est encore moindre.
Un secteur rentable
La société de Buffett a tout de même réalisé l’an dernier un bénéfice de 3.6 milliards de dollars pour un chiffre d’affaire de 15 milliards. Une rentabilité donc extrêmement importante. Un autre chiffre qui demande réflexion : les USA comptent aujourd’hui deux fois moins de voies qu’en 1970 ! Cependant, les sociétés actuelles transportent plus de fret qu’en 1970 (peut-être sont-elles moins nombreuses ?). L’association américaine du rail estime que le trafic va doubler d’ici 2035, ce qui aurait pour effet de rajeunir et d’étendre le réseau américain.
Bien entendu, Buffett n’a pas été le seul grand investisseur à vouloir injecter des milliards de dollars dans les chemins de fer l’année dernière. La Maison blanche a tenté de stimuler le secteur par un financement de plus de 50 milliards de dollars (Elle a aussi placé le PDG de la BNSF au Job Council, équivalent américain de la Chambre des Métiers).
L’explication est simple: les chemins de fer coûtent cher, mais cela en vaut la peine. Le Millennium Institute, groupe de promotion du développement durable, a récemment exposé les avantages qu’il y aurait à dépenser de 250 à 500 milliards de dollars dans l’amélioration du système ferroviaire interurbain aux États-Unis: débarrasser les routes de la plupart des poids lourds, permettre à des millions d’Américains d’avoir accès à des trains à grande vitesse, réduire la consommation d’essence… et accroître le PIB.
Et chez nous qu’en est-il ?
Je travaille pour un constructeur ferroviaire. A ce titre ça me permet de suivre l’actualité dans ce secteur. Les investissements des dernières années ont eu lieu essentiellement dans le secteur du transport de personnes (pour la France). Ce sont près de 2000 trains régionaux qui sont aujourd’hui en commande auprès de deux constructeurs implantés sur le territoire nationale. Le chiffre d’affaire engendré pourrait dépasser les 15 milliards d’euros (que pour le matériel) ! Sur la première décennie de ce siècle ce sont près de 1000 trains régionaux qui ont été fabriqués. Ce sont les régions qui supportent aujourd’hui l’investissement de ces trains avec la SNCF comme opérateur. Au même titre des TGV ont été commandés (notamment pour la LGV Est). Et la région parisienne rajeunit ses flottes : nouveaux RER, nouveau métros, arrivée de tramways…
Les collectivités locales ne sont pas en reste et investissent dans les tramways. Ces deux dernières années (et de façon non exhaustive) des investissements ont eu lieu à Montpellier, Besançon, Brest, Dijon, Rouen, Le Havre, Nantes. Même l’île de la Réunion avait un projet de tram-train. Ce projet (énorme, 1.6 milliards d’euros !) permettait de désengorger le Nord de l’île, centre économique, en reliant l’aéroport au port par une voie de 40 km. Pour être allé à la Réunion, le réseau routier est totalement saturé, avec une population en forte augmentation. Ce projet était par conséquent indispensable d’un point de vue écologique (moins de voitures et donc moins de GES) et social (permettre les déplacements et l’emploi, pour la construction et ensuite pour l’exploitation). Pour des raisons politiques le projet a été abandonné… pour être remplacé par 2000 bus !
Quand au fret, en France, certaines commandes de locomotives ont été annulées en raison de la crise de fin 2009. Cependant, des opérateurs privés opèrent depuis quelques années sur le réseau français (et augmentent leur flotte). Les nouvelles dispositions du Grenelle de l’Environnement (taxe poids lourds) conjuguées à l’augmentation du prix des carburants pourraient peut-être relancer le fret ferroviaire.
Crédits photos bob the lomond
C’est la quantité de pesticides utilisés tous les ans par les jardiniers amateurs en France ! le ministère de Ecologie relance sa campagne annuelle « Les pesticides, apprenons à nous en passer ! ». Effectivement, ça va être nécessaire.
Le plan du ministère est de réduire de 50% d’ici 2018 (on se donne tout de même 7 ans !) l’usage des pesticides “non agricoles”. C’est-à-dire jardins particuliers, cimetières, voiries-trottoirs, parcs publics, terrains de sports, zones industrielles et aéroports. Cette utilisation représente tout de même 5% du total des pesticides. Le problème : ces substances sont utilisées en ville au plus près des habitations.
Le plus inquiétant sont les chiffres annoncés d’après un sondage : seulement 32% des jardiniers pensent que les pesticides sont dangereux, 20% d’entre aux estiment qu’il n’y a pas de danger ! Pas d’information pour les 48% restants, peut-être n’ont-ils pas d’avis ?
Un site internet a été mis en place par le Ministère de l’Ecologie Jardiner Autrement. La partie jardiner autrement est pour l’instant… vide ! Mais en 7 ans il sera possible de le remplir. N’aurait-il pas été intéressant de lancer la campagne avec de la matière à proposer aux jardiniers ?
Pourquoi le Grenelle de l’Environnement limite-t-il cette réduction aux non-agricoles ? Pourquoi ne pas réduire les 95% restants ? Pourquoi ne pas interdire purement et simplement l’usage des pesticides (et autres traitements) sur la voie publique ? Nous pourrions gagner du temps sur les 7 ans.
Si l’initiative est louable les moyens et les ambitions que se donnent le Ministère semblent particulièrement en retrait par rapport aux réalités.
Rappelons que les abeilles (premier vecteur de pollinisation) souffrent de tous les produits chimiques. Une récente étude a montré qu’aux Etats-Unis ce sont 90% de 4 espèces de bourdons qui ont disparu ! Voir l’article du Monde du 03 janvier dernier Les bourdons, importants pollinisateurs, en fort déclin aux Etats-Unis.
Marketing et développement durable. Stratégie de la valeur étendue.
Auteurs : Ganaël BASCOUL et Jean-Michel MOUTOT
Préface de Véronique BOURREZ
Editions DUNOD
ISBN 978-2-10-053265-0
“Marketing” et “Développement durable”, deux expressions qui, a priori, ne font pas bon ménage. Et pourtant, nous constatons une mutation du marketing de certaines sociétés afin d’y inclure une dose de Développement Durable.
C’est de cette mutation dont les auteurs traitent dans ce livre.
Définition du marketing
D’après le dictionnaire anglophone Merriam-Webster, la première définition du mot marketing, datant du XVIe siècle est “l’acte ou le processus d’achat et de vente d’un produit”. Il s’agit donc de participer au fonctionnement d’un marché, à la rencontre entre l’offre et la demande.
Si l’achat s’effectue c’est que le vendeur apporte une “valeur ajoutée” au produit vendu.
Par exemple, acheter une baguette de pain (chez un boulanger) revient plus cher que la farine, le sel, la levure et l’eau nécessaire à sa préparation. (…) Du point de vue de l’acheteur, il y a donc un fort bénéfice à pouvoir acheter une baguette toute prête. Le boulanger crée potentiellement de la valeur, du moment qu’il a des clients à qui il peut vendre son pain, c’est-à-dire qu’il y a une demande et un marché.
En quoi le Développement Durable va-t-il changer cette notion de marketing ?
Mutation de la Valeur Ajoutée (VA) vers la Valeur Etendue (VE)
En quoi consiste la Valeur Etendue ?
Contrairement à la valeur ajoutée qui dépend simplement de la satisfaction d’intérêts à court terme du vendeur et de l’acheteur, la valeur étendue va intégrer des facteurs extérieurs liés à l’environnement et à la société.
Elle intègre donc les composantes essentielles du développement durable : l’écologie et le social. Elle se définit, contrairement à la VA sur un temps beaucoup plus long et se décline selon 3 étapes :
-
ANTE : la vie du produit avant sa consommation
-
PERI : la vie du produit pendant sa consommation
-
POST : la vie du produit après sa consommation
Ces trois périodes de la vie du produit seront à décliner dans les deux domaines écologie (ECO) et social (SOCIO). Nous obtenons donc un modèle à six dimensions. Schématiquement on représente ces six dimensions par un hexagone avec en abscisse le temps. Deux points à noter : le premier est que les sociétés vont rarement au bout de la démarche marketing DD, en s’arrêtant à l’aspect ECO ou SOCIO, le deuxième est qu’en fonction du secteur d’activité, le “poids” de chacune des six dimensions peut varier.
Pour aller plus loin dans la démarche, il existe des outils :
- l’analyse du cycle de vie (ACV)
- la perception du cycle de vie (PCV)
Ces outils ne suffisent pas. Il faudra, d’une part, intégrer la société civile à la réflexion (associations, ONG, consommateurs…) et, d’autre part, repenser sa communication globale.
Avis
Rarement je me suis retrouvé dans la situation de devoir relire un paragraphe. Dans ce livre c’est arrivé à presque toutes les pages ! Non pas que le propos est difficile à comprendre mais tout simplement parce qu’on a l’impression de faire du “sur place”. On a l’impression de perpétuellement relire ce qui a déjà été lu. Les idées semblent se répéter de page en page. L’esprit dans ce cas se met en position “OFF”. Et on se dit à la fin du paragraphe “qu’est-ce-que je viens de lire ?”. On repart alors au début du paragraphe pour s’apercevoir… qu’on a rien perdu !
C’est dommage parce le sommaire est particulièrement clair… à l’opposé des illustrations qui n’illustrent pas grand chose.
Un bon point, cependant, les interviews qui étaient intelligemment les propos.
Autre constat désagréable : de nombreuses coquilles dans le texte. Un “de” manquant ou en trop, un trait d’union superflu, l’expression “le chant du signe” qui remplace “le chant du cygne”… Ces coquilles permettent cependant de se “réveiller” et de relire le paragraphe en cours.
Enfin, quelques exemples qui sonnent faux en regard de l’actualité récente.
- Le partenariat FIDH/Carrefour sur les droits de l’homme au travail chez les fournisseurs : initiative louable… à condition d’appliquer chez soi ce que l’on demande aux autres (condamnation aux prudhommes de Carrefour pour avoir payé ses salariés en dessous du SMIC (France 2, Le Post, La Voix du Nord)).
- Les exemples des constructeurs automobiles jouant le DD semblent mal positionnés. La volonté de ces constructeurs d’aborder le véhicule électrique était-elle bien réelle ? N’a-t-il pas fallu la crise (financière) de 2008, que les constructeurs se retrouvent au bord du gouffre (dedans pour certains), pour qu’ils se sentent l’âme verte et électrique ? Dans une vraie démarche DD, n’auraient-ils pas dû anticiper ?
Un autre aspect qui m’a surpris (presque choqué) : les citations en anglais ne sont pas traduites. J’estime que c’est peu respecter le lecteur. J’eus été particulièrement ennuyé si les citations avaient été en allemand, russe ou hongrois. Le business et le marketing ne peut être qu’anglais probablement !
Recommandation
Le propos est intéressant et d’actualité si les entreprises souhaitent s’en sortir. Dommage que le style et les coquilles rendent ce livre maladroit. A 25€ le livre on peut espérer pouvoir au moins éviter les fautes. Probablement que ce livre n’a pas (ou mal) été relu. Une très grande déception. A réserver aux esprits curieux parce qu’il y a tout de même des choses intéressantes à mettre en œuvre. Je pensais que l’éditeur, Dunod, travaillait plus dans la qualité.
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Actions Développement Durable – Pour sauver la planète TERRE : Des livres d’experts traitant d’Ecologie, d’Environnement et de Développement Durable.
Prochainement, nous allons chroniquer les livres suivants
Marketing et développement durable
Stratégie de la valeur étendue.
Auteurs : Ganaël BASCOUL et Jean-Michel MOUTOT.
Editions Dunod
Solutions locales pour un désordre global
Auteur : Coline SERREAU
Editions Actes Sud
Un métier pour la planète… et surtout pour moi !
Guide pratique des carrières du développement durable.
Auteurs : Elisabeth LAVILLE, Marie BALMAIN
Editions : Village mondial, Graines de changement, Pearson Education France

Indignez-vous !
Auteur : Stéphane HESSEL
Editions : Indigène
Collection : Ceux qui marchent contre le vent.
ISBN : 978-2-911939-76-1
Ce petit essai de Stéphane HESSEL permet de re-situer quels ont été les acquis de la résistance durant la seconde guerre mondiale, notamment sur le plan social. Le conseil National de la Résistance fut créé afin de s'opposer au fléau de l'époque : le nazisme. Sans ces résistants rien de la deuxième moitié du XXème siècle n'eut existé.
Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous, d'avoir un motif d'indignation.
Aujourd'hui va-t-il falloir entrer en résistance afin de sauver la planète ?
On peut déjà identifier deux grands nouveaux défis :
- L'immense écart qui existe entre les très pauvres et les très riches et qui ne cesse de s'accroître. (…)
- Les droits de l'Homme et l'état de la planète.
Il est grand temps que le souci d'éthique, de justice, d'équilibre durable devienne prévalent. Car les risques les plus graves nous menacent. Ils peuvent mettre un terme à l'aventure humaine sur une planète qu'elle peut rendre inhabitable pour l'homme.
Stéphane HESSEL invite à l'indignation sinon à la résistance et sans se limiter au sauvetage de la planète en rappelant la responsabilité de chacun.
Sartre nous a appris à nous dire "Vous êtes responsables en tant qu'individus"
Même si aujourd'hui, pour Stéphane HESSEL, les raisons de s'indigner semblent plus floues que l'indignation face au nazisme.
C'est vrai, les raisons de s'indigner peuvent paraître aujourd'hui moins nette ou le monde trop complexe.
Il appelle à la structuration de l'indignation donnant la part belle à la communication.
Il est évident que pour être efficace aujourd'hui, il faut agir en réseau, profiter de tous les moyens modernes de communication.
C'est exactement ce que ce blog tente de faire.
L'auteur
Stéphane HESSEL est né à Berlin en 1917 d'un père juif, Franz HESSEL, traducteur et écrivain, et d'une mère peintre, mélomane et écrivaine, Helen GRUND. La famille arrive à Paris en 1924. Il est naturalisé Français en 1937.
En 1939, peu après être entrée à l'Ecole Normale Supérieure, il est mobilisé. En 1941, il rejoint De Gaulle à Londres. En mars 1944, il est débarqué en France, sous le nom de code "Greco" afin d'organiser depuis Paris le débarquement. Il est arrêté le10 juillet 1944 sur dénonciation et déporté.
En 1946, il devient diplomate c'est ainsi qu'il participera à l'élaboration de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. Il est le plus jeune membre de la Commission. La Déclaration est adoptée le 10 décembre 1948.
Avis
Un essai très bref qui mérite d'être lu.
Le plus, les notes de l'éditeur qui permettent de situer la carrière de Stéphane HESSEL.
Un mot sur les Editions Indigène (2ème de couverture)
Indigène est une maison d'édition dédiée aux savoirs et aux savoirs et aux arts des cultures non industrielles des Premières Nations -Aborigènes d'Australie, Indiens d'Amérique, Tibétains, Inuit, Maoris…- sans oublier les "Indigènes" de nos propres sociétés, ces pionniers, chez nous, qui entendent rompre avec les logiques mercantiles, protectionnistes, standardisées, tout en dégageant de nouveaux pôles d'autorité intellectuelle et de viabilité économique.


