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Des fraises en hiver_Claude Marie VADROT Des Fraises en Hiver

Et autres besoins inutiles de notre alimentation

Auteur : Claude-Marie VADROT
Editions : Delachaux et Niestlé
Collection : Changer d’ère
ISBN : 978-2-603-01679-4
Pages : 174
Prix : 19€

 

 

Sommaire

  • Introduction : Quand fruits et légumes mondialisés ramènent leur fraise
  • Chapitre 1 : Quand le communicant réinvente la pomme au paradis des marchands
  • Chapitre 2 : Mon pauvre monsieur, y a plus de saison
  • Chapitre 3 : Longs voyages alimentaires vers l’Europe
  • Chapitre 4 : Trop d’épines sur les roses voyageuses
  • Chapitre 5 : Escargots, veaux et grenouilles prennent l’avion
  • Chapitre 6 : Les kilomètres s’entassent dans les assiettes
  • Chapitre 7 : De la fraise à l’Airbus, tout est délocalisable
  • Conclusion : Et pendant ce temps-là, le gaspillage de nourriture…
  • Postface : La fin du voyage
  • Que faire ? Petites et grandes solutions

Le thème

Claude-Marie VADROT, dans son ouvrage, nous amène à la réflexion sur notre quotidien et sur nos modes de consommation. Il traite dans chaque chapitre d’un cas particulier en l’analysant en profondeur. Dans ce livre, la fraise reste le symbole des produits “hors saison” qu’il est banal de trouver sur les étals dès janvier. La banalité, voilà le problème de fond. Banalité créée par les gourous du marketing des grands groupes de distribution qui nous expliquent ce que nous devons manger, et ce qui est bon pour notre santé. Nous avons perdu la relation à la nature et nous sommes déphasés par rapport aux saisonnalités.

Eh oui ! La nature a besoin de suivre des cycles. A besoin d’eau, de lumière, de soleil, de chaleur à certains moments opportuns. L’homme joue avec ces constantes au risque de tout dérégler.

Pour pouvoir produire “hors saison”, les laboratoires ont mis au point des “produits” (nous ne sommes plus dans le monde du vivant) supportant particulièrement bien les manipulations et les transports. Des “produits” standardisés, clonés, élevés (produits ?) à grand renfort de produits chimiques et dans un double irrespect : celui de la nature et de l’environnement, celui de la main d’œuvre employée et exploitée sur les lieux de production.

Un pur produit marketing sans aucun goût. Peu importe, c’est un produit d’appel !

Claude-Marie VADROT va au fil de son livre prendre des exemples de ce problème de société.

 

Notre avis

Contrairement à notre habitude, nous commençons par “notre avis”, pour la simple raison que notre chronique est très longue. En effet, le livre “grouille” d’exemples et de références, il était important pour nous de détailler chacun des chapitres.

Notre avis donc est particulièrement simple : lisez-le !

En effet, Claude-Marie VADROT a travaillé en profondeur son sujet, les exemples sont particulièrement pertinents. Qui plus est, l’auteur sait manier un certain humour, même si le sujet est grave. Il suffit pour s’en convaincre de lire le sommaire que nous avons repris ci-dessus.

Donc lisez-le et parlez-en autour de vous afin d’incitez votre entourage à prendre conscience de nos modes de consommation. Et surtout, vous, lecteurs, mettez en action les principes simples relevés par Claude-Marie VADROT à la fin de son ouvrage. Devenez consom’acteurs ! Et ne laissons pas les grands groupes de la distribution nous imposer leur choix au détriment de la planète. Nous avons les cartes en mains, agissons !

N’hésitez pas à mentionner dans les commentaires les actions que vous avez mises en place afin de devenir consom’acteurs.

Entrons dans le détail de chaque chapitre.

Introduction : Quand fruits et légumes mondialisés ramènent leur fraise

L’Espagne est plus particulièrement l’Andalousie produit 28% des 1.1 million de tonnes produites dans l’Union Européenne. A comparer aux 4% de la France. La production industrielle des fraises génère une dépense énergétique extraordinaire : au moins 20000 poids lourds par an pour un dizaine de tonnes chacun, roulant sur des distances énormes (plus de 2500 km entre les lieux de production et les lieux de vente). L’Andalousie c’est 6000 ha couverts de serre en plastique. Seulement 60% sont autorisés. Les 40% restants ? On ferme les yeux, business oblige ! Le lobby des producteurs de fraises est très actif.

Le pire : l’Andalousie devient un désert couvert de plastique. Terres stérilisées, consommation d’eau en augmentation et réserve en diminution, emploi de produits chimiques (interdits !) qui tue la biodiversité de la région.

L’homme aussi en paye le prix. La main d’œuvre bon marché et saisonnière est exploitée puis “jetée”, exposée en permanence aux produits chimiques. Cet main d’œuvre bon marché permet de compenser les dépenses en transports énormes.

(…) quel est l’intérêt, autre que financier, de faire manger aux Africains des poulets produits à la chaîne et congelés en Bretagne ou ailleurs par des industriels de la malbouffe, parce que ceux qu’ils élèvent, les célèbres “poulets bicyclettes”, sont un peu plus chers malgré la proximité des élevages familiaux ? De même, quelle est la logique qui conduit le riz camarguais ou les riz américains sur les marchés de Dakar ? Les Africains, les Européens –en fait le monde entier- se retrouvent prisonniers d’un maelström mondialisé, d’un mouvement quasi perpétuel qui vise à nous persuader qu’il est normal de faire voyager sur des milliers de kilomètres des fruits, des légumes, des tissus, des yaourts, des fromages, de la viande, des voitures ou des bicyclettes qui font gaspiller largement plus d’énergie dans leur transport que pour leur fabrication ou leur culture.

Chapitre 1 : Quand le communicant réinvente la pomme au paradis des marchands

Il y a 40 ans, aux USA, le marketing réinvente nos produits de consommation quotidienne. Ils seront standardisés ! Au diable la biodiversité !

Il fallait donc, pour satisfaire d’aussi rentables objectifs, que les fruits ou les légumes sélectionnés par les “Star Académies” des communicants et de leurs obligés accèdent à une certaine beauté soigneusement apprêtée, et surtout qu’il conservent toujours le même aspect. (…) les oignons se devaient de rentrer dans le rang et les pommes de sembler sortir du paradis.

Ces fruits et ces légumes, tendant vers la perfection esthétique, devaient, d’un jour à l’autre, d’une année sur l’autre, se ressembler, et donc également ressembler aux “choses” parfaites présentées dans les dossiers de communication et les publicités.

Cette standardisation s’est appliquée en premier aux pommes ou devrai-je dire à “LA” pomme étant donné le peu de choix possible. Les variétés formatées sont dorénavant des marques déposées comme la Pink Lady® inventée à la fin des années 90. La produire demande le paiement de la “dîme” au “concepteur”. La France regroupe un millier de variétés (pour 10000 au plan mondial). Seule une dizaine de variétés se retrouve sur les étals . Le “Beau” au détriment du Bon !

Le marketing a créé le besoin de fruits notamment exotiques : orange, banane, mangue, avocat… Fruits qui arrivent chez nous après l’exploitation d’une main d’œuvre locale bon marché exposée encore et toujours aux produits chimiques abondamment déversés sur les plantations.

Chapitre 2 : Mon pauvre monsieur, y a plus de saison

Fruits et légumes de saison ? Faites le test autour de vous, posez la question “définir et nommer des fruits et légumes de saison”. Toute une génération a oublié ce que peut être les fruits et légumes de saison, conditionnée depuis plus de 20 ans par un marketing parfaitement orchestré.

Combien de gens sont persuadés que les tomates poussent toute l’année en pleine terre ? Alors que, pendant au moins la moitié de l’année, c’est impossible, qu’elles viennent des Pays-Bas ou du sud de l’Espagne. Dans le même temps, chaque année, les dossiers de communication de la grande distribution et de quelques grandes exploitations agricoles tendent à nous faire croire qu’en raison du gel, il est impossible d’arracher les poireaux ou les carottes et de cueillir les salades pendant quelques jours.

Nous avons oublié les cycles naturels des végétaux.
Non ! Les fraises ne mûrissent pas en hiver en France !

Il est surprenant que, dans un pays dont les habitants sont de plus en plus passionnés par la météo et inquiets du changement climatique, cette problématique de la saison ne génère pas davantage d’interrogations.

Les pays fournisseurs de la France en fruits frais sont :

  • La Grande-Bretagne : 220000 t
  • L’Espagne : 200000 t
  • Les Pays-Bas : 145000 t
  • La Belgique 100000 t
  • L’Italie : 100000 t

Ces tonnages représentent des centaines de milliers de camions sur la route ! L’impact environnemental, dû aux émissions des gaz d’échappement, est donc énorme. Un exemple qui fait réfléchir : la plateforme de Perpignan (fruits) centralisent les transports en provenance de l’Espagne et reçoit tous les ans 400000 poids lourds.

Chapitre 3 : Longs voyages alimentaires vers l’Europe

Banalisation des échanges mondiaux ! Peu de consommateurs réfléchissent aux conséquences des provenances des fruits. Communication parfaitement orchestrée… “on ne peut pas faire autrement !”.

la tromperie et l’illusion d’un été permanent, ainsi entretenues par l’omniprésence des fruits mondialisés et banalisés, ont partout cette redoutable efficacité : “Où est le problème ? demandait une belle bourgeoise de l’avenue du Trône questionnée sur la pomme chilienne qu’elle venait d’acheter. Elle a l’air belle, vous avez quelque chose contre le Chili ?

Méfions-nous des campagnes promotionnelles pour tel ou tel fruit. Très souvent retranchée derrière un discours pseudo-médical. Elles sont là pour créer l’accoutumance, la banalisation et la justification des kilomètres parcourus. Quelque soit le fruit présenté, chose extraordinaire, le texte sera le même !

Le danger est de créer dans les pays du sud des famines en monopolisant les terres vivrières au profit des exportations. Comme au Sénégal : 200 ha pour produire des tomates cerises (produisant 10% de la consommation européenne). Le salaire de l’ouvrier agricole étant de 2.80€/jour.

Chapitre 4 : Trop d’épines sur les roses voyageuses

Les fleurs coupées qu’on trouve (à bas prix) dans les boutiques spécialisées et grandes surfaces proviennent des Pays-Bas. Enfin le semble-t-il ? Les Pays-Bas achètent 95% des roses produites en Afrique ! Pour les revendre après naturalisations néerlandaises (!) et repartir, toujours en avion, vers toute l’Europe, les USA et le Japon. Les Pays-Bas sont la plaque tournante du commerce de la fleur avec le marché d’Aalsmeer dont le bâtiment couvre 150 ha ! Chaque jour (sauf le week-end) 20 millions de fleurs et 2 millions de plantes circulent. Gaspillage énergétique énorme pour transporter ces fleurs à la durée de vie si brève, bien évidemment possible par l’exploitation des ouvriers locaux. Eh oui, les roses ne fleurissent pas en hiver chez nous ! Une rose cueillie le lundi au Kenya, transite aux Pays-Bas le mercredi, arrive à Rungis le vendredi pour être vendue le week-end.

La Rose et le Kenya en chiffres et en faits

  • 5000 ha près du Lac Naivasha
  • Une culture industrialisées à grand renfort de pesticides et d’engrais
  • Le lac entièrement pollués
  • Une consommation d’eau énorme (le lac a baissé de 3 m depuis 1980)
  • les Masaïs chassés de leurs terres
  • Une eutrophisation du lac
  • La disparition d’espèces animal (le quart des hippopotames a disparu, moins de poissons, le bétail qui meure après s’être abreuvé sur les berges)
  • Une prévision à 15 ans d’avoir un lac mort
  • La végétation des bords du lac a disparu
  • Erosion
  • Stérilisation du sol (comme en Europe pour les fraises)
  • Pour les ouvriers agricoles (environ 2000 pour 220 ha) ce sont les expositions aux produits dangereux sans aucune protection (femmes, adolescents, enfants) : maladies pulmonaires et digestives, affections cutanées, cancers, maladies du foie et des reins, malformations à la naissance…
  • Disparition des cultures vivrières et de l’élevage
  • Salaire des ouvriers de 40 à 50€ par mois pour 12 heures quotidiennes
  • D’autres pays suivent “l’exemple” du Kenya : Ethiopie, Zambie, Rwanda, Ouganda, Zimbabwe et également en dehors de l’Afrique Chine, Thaïlande, Colombie, Equateur.

La population est passée de 7000 en 1969 à 300000 en 2007. En attirant tant de gens, les sociétés internationales d’horticulture ont créé un fardeau écologiquement insupportable pour le lac. Les gens utilisent et polluent l’eau pour vivre, ils braconnent pour se procurer de la viande. Ils vont de plus en plus loin pour se procurer du bois et fabriquer du charbon de bois. Un arbre de cinquante ans fournit environ cinquante sacs de charbon de bois et une famille utilise quotidiennement un sac.

Derniers chiffres, qui rappellent en passant que ce commerce, censé répondre à une demande de la clientèle, a été organisé, puis monté en puissance par les grands circuits de distribution : en 2006, le super et hypermarchés représentaient 3.2% des ventes de roses ; en 2009, ils ont écoulé plus de 50% de ces fleurs , produites dans les pays du Sud.

Chapitre 5 : Escargots, veaux et grenouilles prennent l’avion

Le ramassage des escargots est très encadré. Trois espèces sont visées : le petit gris, Helix aspersa Muller, son cousin germain, Zonites algirus et l’escargot dit ”de Bourgogne”, Helix pomatia Linnaeus.

Interdiction du ramassage des spécimens vivants d’Helix pomatia et de leur cession à titre gratuit ou onéreux : en tout temps lorsque la coquille a un diamètre inférieur à 3 cm ; pendant la période du 1er avril au 30 juin inclus lorsque la coquille a un diamètre égal ou supérieur à 3 cm. Interdiction de ramassage de spécimens vivants à coquille non bordée d’Helix aspersa et de leur cession à titre gratuit ou onéreux en tout temps. Interdiction du ramassage de spécimens vivants de Zonites algirus et de leur cession à titre gratuit ou onéreux en tout temps, lorsque la coquille a un diamètre inférieur à 3 cm.

Paradoxe de la législation française, les tuer (on parle bien de ramassage dans le texte précédent), a priori, ne pose aucun problème au législateur puisque la vente d’anti-limaces (qui fonctionnent parfaitement sur les escargots) est libre et autorisée.

Des chiffres :

  • 20000 t consommées
  • 6000 t ramassées
  • 1000 t issues des fermes
  • 17000 t importées (Turquie, Grèce, Pologne, Hongrie, Indonésie)

Les Français sont les premiers consommateurs de grenouilles dans le monde avec 5000 t. Leur cas est similaire aux escargots. Elles proviennent de Turquie pour les vivantes et d’Asie pour les congelés.

40% des veaux nés en France partent en engraissement en Italie, en Espagne ou en Pologne en fonction des subventions favorables. Bien évidemment, à l’aller comme au retour le voyage se fait en camion. De même, le lait voyage au sein de l’Europe : le lait des brebis des causses de l’Aveyron voyage vers la Grèce pour être transformé en Feta, puis revient en France ; les producteurs de fromage français importent le lait de Pologne, Grande-Bretagne… pour produire des camemberts et autres fromages de nos terroirs. De même, un comté fabriqué en Bretagne prend son appellation d’origine “contrôlé” après un petit séjour en Franche-Comté.

La charcuterie voyage tout autant. La Bretagne produit (fabrique ?) 60% des porcs français et seulement 25% de la charcuterie. L’industrie charcutière utilisant aussi des porcs belges, danois, hollandais, espagnols. Les indications d’origine contrôlée ou protégée ne fait en aucun cas état du lieu de naissance et d’élevage des animaux.

Poissons et crustacés ne sont pas en reste. La perche du Nil, dont l’industrie a été révélée par le film de Hubert SAUPER, Le cauchemar de Darwin, et qui en parallèle de la Rose détruit le Lac Victoria. Le film a permis de faire disparaître des étals l’appellation si poétique de “Perche du Nil”. Elle est emblématique de l’exploitation du Sud par les grands groupes de distribution du Nord.

De même, les crevettes roses aussi prennent l’avion. Elles sont “produites” et cuites en Thaïlande, Equateur, Argentine, Inde, Vietnam, Madagascar, Brésil. Les volumes importés : 800000 tonnes en 2008 selon l’U.E. (visionner la 3ème vidéo ci-dessous à partir de 9’45”, pour voir un exemple d’élevage de crevettes).

 

 

 

 

Le problème majeur de toutes ces importations concerne la traçabilité tant sociale que sanitaire ou environnementale.

Autre exemple, le panga, de la famille des poissons chats et en provenance du delta du Mékong. L’avantage de ce poisson : croissance rapide, filets sans arête… pas de goût et prix défiant toute concurrence. Quelques faits concernant le panga :

  • concentration de 250000 individus par étang
  • nourris avec des farines de poissons en provenance de Chili
  • les femelles sont traitées avec des hormones prélevées dans les urines de femmes enceintes
  • eaux traitées avec des désinfectants et des antibiotiques (une partie s’accumulant dans la chair des poissons)
  • pollution du fleuve par les vidanges des bassins
  • le Vietnam exporte plus d’ un million de tonnes par an

Ou encore, le Saumon Atlantique… “produit” sur les côtes chiliennes dans le Pacifique dans les mêmes conditions que le panga. Quelques faits :

  • 16000 km pour arriver sur nos marchés
  • élevage ravagé par le virus AIS (conséquences des conditions d’élevage)
  • contamination aux poissons sauvages
  • conditions sanitaires et environnementales complètement oubliées
  • prolifération de l’algue rouge rendant impropre la consommation des crustacés locaux
  • en 2009, le gouvernement a dû admettre que les 560 “fermes” avaient utilisé 400 t d’antibiotiques (500 fois plus qu’en Norvège !).
  • à noter que ce sont des sociétés norvégiennes qui dirigent ces exploitations leur permettant ainsi de contourner les réglementations européennes

Un point commun à tous ces “trafics” : la grande distribution qui encourage ce type de pratique afin de réduire les coûts et augmenter les marges.

Chapitre 6 : Les kilomètres s’entassent dans les assiettes

Exemple du voyage de la pomme de terre :

  • la production se fait en France (Nord notamment)
  • transport vers le Maroc ou la Tunisie pour être épluchée
  • transport vers la Turquie pour être transformée en frites (congelées) ou en chips
  • transport vers la France pour être conditionnée
  • vente en France… ou nouveau départ pour les chips vers l’Afrique du Nord ou la Turquie !

Nous mangeons un peu plus de viande de poulet et de bœuf que dans les années 1970, nous consommons un peu plus de fruits et de légumes, et les pommes de terre que nous mangeons, en moindre quantité, nous les retrouvons par exemple dans les chips additionnées d’huile de palme fournie par la déforestation de l’Indonésie.

Rien n’est jamais gratuit puisque, au bout du compte, il y a toujours quelqu’un, dans notre système économique et politique, qui doit acquitter la facture. Ainsi le flot des réfugiés économiques vers les nations industrialisées, la France et les autres, est accéléré par l’exploitation et l’appauvrissement que nous entretenons dans des pays africains avec l’épluchage de nos pommes de terre ou la culture des haricots verts.

Ainsi, exemple entre mille, le Provinciaal Instituut voor Milieu Educatie de la région d'Anvers a calculé qu'une simple soupe en boîte élaborée avec des tomates et des boulettes de viande totalisait, ingrédients et métallurgie de la boîte de conserve additionnés, près de 30000 kilomètres de voyages !

Quelques chiffres notables : empreinte écologique française : 5.3 ha/habitant, empreinte écologique mondiale : 2.2 ha/habitant ; les vêtements parcourent en moyenne 3000 km, les jeans, 8000 km avant d'être achetés. Cette empreinte dépasse donc la capacité de renouvellement des ressources naturelles de la planète.

Empreinte écologique vs biocapacité

Nous constatons une non-volonté des instances telles que l'U.E. ou l'O.M.C. de légiférer sur la transparence des origines et des kilomètres "dépensés" avant d'arriver sur nos étalages. Qui plus est, tout devient flou dès lors qu'un produit est transformé. Comme nous l'avons déjà évoqué, il suffit d'un passage sur un territoire national pour obtenir la nationalité souhaitée.

Chapitre 7 : De la fraise à l’Airbus, tout est délocalisable

Effet de la mondialisation sur des produits dits français. L'auteur fait une digression vers les secteurs industriels automobiles ou aéronautiques afin de montrer que là aussi les kilomètres se cumulent.

Rappel des chiffres de la production automobile française

Peugeot-Citroën monte en France 47% de sa production, Renault 25% (en 2003 cette valeur était de 46%, le développement de l'alliance avec Renault-Nissan au travers des marques Renault, Nissan, Dacia, Samsung doit pouvoir expliquer, en partie, cette diminution rapide, l'auteur cependant n'en fait pas mention et nous ne savons pas si nous parlons de Renault exclusivement ou bien de l’ensemble).
En fait, les industriels délocalisent les émissions de CO² lors de la production, les importations faussent donc le bilan carbone des produits achetés. En fait, nous exportons nos déchets vers le tiers-monde.

Conclusion : Et pendant ce temps-là, le gaspillage de nourriture…

Nous sommes confrontés à une démographie galopante. 2011 verra la population de la planète Terre passer le cap des 7 milliards d'habitants. On nous annonce 9 milliards pour 2030 (voire avant). Pourra-t-on nourrir tout le monde ? Le schéma mis en place aujourd'hui ne semble pas adapté pour répondre à cette demande. Alors que dès à présent des problèmes de nutrition touchent une grande partie des populations du Sud, les USA détruisent 40% des produits agricoles qui sont produits ou qui arrivent sur leur territoire… car non-conformes ! Nous en revenons, une fois encore, à l'archétype du produit marketing. En France, ce chiffre s'établit à 30%.
Une enquête menée en Grande-Bretagne en 2007 sur le contenu des poubelles anglaises à révéler qu'un tiers des aliments achetés sont jetés et pour 20% d'entre eux encore dans l'emballage !

Claude-Marie VADROT conclut cependant son ouvrage sur une note optimiste.

Bilan de toutes ces constatations : à peu près la moitié des nourritures produites chaque année sur la planète n'est jamais consommée et donc perdue ou jetée.
Ce constat ne relativise pas toutes les turpitudes de l'industrie agroalimentaire, notamment lorsqu'elle organise les gaspillages, mais il rappelle que l'espoir de nourrir le monde entier avec les ressources actuellement disponibles n'est pas une utopie. Surtout si les sociétés se décident enfin à consommer ce qui pousse dans leurs espaces géographiques, en respectant, partout, les lois de la proximité qui économisent la planète et les ressources naturelles.

Postface : La fin du voyage

 

L'épisode du volcan islandais qui a bloqué les avions au sol à mis en évidence, pour une trop courte durée, le besoin de transport à tous les niveaux de l'économie. Les media ont mis en scène les naufragés des aéroports et la majorité s'est identifiée à ces personnes bloquées. Un rappel cependant de quelques chiffres : si au moins 70% des cadres dirigeants effectuent plus de 10 voyages aériens par an, seulement 1% des autres catégories voyagent en avion ! Et malgré l'avènement des compagnies low-cost, les voyages aériens pour les ouvriers, employés et agriculteurs stagnent ou diminuent. Est-il donc normal de réellement s’identifier à ces voyageurs en perdition ?

Une illusion d’optique médiatique et sociétale.

Hormis ces désagrément au niveau humain, ce sont les gros importateurs de fruits, de légumes et de fleurs notamment qui ont le plus soufferts. Mettant en exergue la fragilité du schéma "industriel" mis en place pour approvisionner nos marchés. Nous pourrions utiliser l'image du grain de poussière qui grippe la mécanique ! Seule la presse spécialisée a abordée (par le côté des pertes) cet aspect de l'épisode du poussières volcaniques. Le pire de cet épisode est que les pertes ont finalement été absorbées, pour une grande partie, par les populations du sud : il est simple de mettre au chômage (sans contrepartie bien entendu) les employés locaux… la “machine” de production à l'arrêt en quelque sorte !

Comme cela a été dit tout au long de ce plaidoyer contre le gaspillage des importations massives vers un pays qui se prétend encore agricole, le seul remède est de produire local et de consommer local, en réduisant, autant que faire se peut, la distance entre les paysans et les consommateurs. Une recette qui vaut également pour les pays du Sud, pour peu que nous cessions de leur imposer nos modèles de production et de consommation.

Que faire ? Petites et grandes solutions

Des solutions existent, qui, bien entendu, vont chambouler les habitudes. Cependant, la décision nous appartient. Voulons-nous continuer à consommer ce que les marketeurs de la grande distribution souhaitent nous faire consommer sous prétexte que c'est meilleur pour notre santé ? Si la réponse est non, des solutions sont à notre disposition.

  • consommer les produits de saison
  • adhérer à une AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture Paysanne) qui permet de consommer local et "de saison". Les AMAP sont en pleine expansion (en 2010 entre 2500 et 4500) voir la future chronique
  • cultiver son jardin. 250 à 400 m² peuvent suffire à nourrir une famille de 4 personnes (des techniques existent pour les petites surfaces, notamment la culture en carré, lire à cet effet le site suivant Mon potager en carré)
  • fréquenter les marchés et acheter aux producteurs locaux
  • acheter en direct aux producteurs
  • cueillir soi-même, certains agriculteurs, notamment pour la fraise et les fruits rouges permettent la cueillette (sans oublier que les chemins de campagnes abritent quelques fruitiers laissés à l’abandon)
  • mais aussi :
    • profiter des surproductions estivales du voisin jardinier,
    • faire soi-même ses yaourts, ses confitures, ses conserves
    • réduire sa consommation de viande (rouge principalement)
    • réfléchir à l'origine des articles (vêtements, chaussures…) avant de les acheter, certes bon marché mais qui ne dureront pas (un adage populaire ne dit-il pas : il faut être riche pour acheter bon marché !)

Il est donc rentable, économiquement, socialement, personnellement et écologiquement parlant, de céder de moins en moins à la tentation du jetable. En se disant aussi, forme de parabole sur la mondialisation, que les mauvais fruits et les mauvais légumes sont entrés dans l'ère du jetable et que le moins cher n'est pas forcément le meilleur, même dans le domaine de l'alimentation. Jamais nul ne mettra à la poubelle un bon fruit, un bon légume ou un bon plat, alors que l'on jette facilement une nourriture médiocre.

Crédits photos : GreenEtVert Le jour où notre empreinte écologique a dépassé la biocapacité…

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Les véhicules électriques (découverts par les constructeurs à la suite de la crise de fin 2009), ont du mal à démarrer aux USA. Selon le site Autobloggreen (en anglais), les deux nouveaux véhicules du marché la Nissan Leaf et la Chevrolet Volt, la première pure électrique, la deuxième hybride, ont réalisé des scores assez modestes en janvier et février. Jugez vous-même :

  • Janvier : 321 Volts / 87 Leafs
  • Février : 281 Volts / 67 Leafs

Nous constatons que dans les deux cas les ventes ont diminué entre janvier et février alors que ces modèles sont en plein lancement commercial. Ce dernier a eu lieu en décembre et ce sont 928 Volts et 173 Leafs au total qui ont été vendues.

Cependant, les carnets de commande seraient pleins, et ce sont plutôt des problèmes de production qui freineraient les ventes.

Rappelons que le Président Obama souhaite voir rouler un million de voitures électriques en 2015 aux Etas-Unis, et que les plus optimistes visent 20% d’électrique en 2020. La route sera encore longue !

Comme le mentionne un commentaire très à propos sur le site Effets de Terre, les constructeurs “traditionnels” ont une vison trop formatée de la mobilité alors que tout est à inventer dans le secteur de la voiture électrique.

 

Chevy-Volt_Nissan-Leaf

 

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Claude LORIUS a pendant 40 ans analysé les glaces de l’Antarctique et du Groenland. Ses recherches ont permis de mettre en évidence l’évolution du climat et notamment la teneur en CO² dans l’atmosphère. Vous pouvez retrouver les résultats de ses recherches dans Voyage dans l’Anthropocène dont nous avons fait la chronique sur ce blog. Certains, les climato-sceptiques, mettent en cause ses résultats ou du moins les conclusions en terme de réchauffement de la planète.

livres

Mais pour ceux qui douteraient aussi des résultats du travail de Claude LORIUS sur la glace, un chercheur israélien, Dan YAKIR, du Weizmann Institute, a mené le même type de recherches mais cette fois non pas sur la glace mais sur le papier. Le principe de cette recherche est de mesurer la proportion de l’isotope carbone 13 par rapport au carbone 12.

Le carbone présent dans l’atmosphère est essentiellement du C12. La combustion des énergies fossiles rejettent aussi du C12. Par conséquent, plus le taux de C12 augmente (par les rejets) plus le taux de C13 diminue. Le papier est composé du carbone de l’arbre et donc reflète la composition de l’atmosphère lors de sa croissance.

Vous pouvez trouver plus d’informations sur le site de l’Université “Paper Archives Reveal Pollution’s History” (en anglais).

 

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Le Malawi, vous connaissez ?

Plus exactement la République du Malawi ? Probablement que oui. Sauriez-vous le situer sur une carte ? Un peu plus difficile. Je vous aide : petit état d’Afrique Australe de 119000 km² (1/5ème de la France) coincé entre le Mozambique, la Tanzanie et la Zambie. Bien que le Malawi n’ait aucun débouché sur la mer, il possède le troisième lac d’Afrique, le lac… Malawi, qui recouvre 20% du territoire. Indépendant depuis 1964 (colonie anglaise), démocratie depuis 1994, le Malawi compte aujourd’hui 15.5 millions d’habitants. En image, voilà ce que ça donne :

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Pourquoi parler du Malawi sur ce blog ?

Libération a publié un article sur son site le 25/02/2011, “Malawi, les champs captifs de Monsanto”, expliquant la “mécanique” Monsanto afin de créer le “besoin” auprès des populations locales. Le Malawi doit faire face à des famines depuis 2005, 72% de la population dépend du maïs, il suffit alors de venir au Malawi, d’inciter le gouvernements à donner des subventions pour acheter des semences à Monsanto ainsi que les engrais et traitements indispensables.

Et le tour est joué !

Vous n’avez pas suivi ? C’est simple. Les graines fournies sont des hybrides par conséquent il sera impossible de prendre une partie de la récolte pour avoir les semences de l’année suivante. Les plants issus de ces graines n’auront absolument pas les mêmes caractéristiques que la génération précédente. Donc si la population souhaitent continuer à produire son alimentation il faudra continuer à acheter à Monsanto. Même si le gouvernement a essayé de s’opposer au géant américain en privilégiant la production locale, les bailleurs de fonds (le Malawi est sous perfusion de l’aide internationale) ont réussi à imposer Monsanto !

Prochaine étape les OGM

Misheck Nyirenda, directeur de Monsanto Malawi, est confus : «C’était de la charité ! Enfin… On s’est dit que comme ça, les paysans testeraient notre produit et reviendraient l’année prochaine.»

La compagnie Monsanto, géant de l’agroalimentaire américain, prospère au Malawi. La vision de son directeur, Hugh Grant, est claire : «Il suffit qu’un pays africain dise oui [aux hybrides, ndlr] pour montrer le chemin aux autres.» Il avait noté que «72% de la population au Malawi dépend du maïs pour sa survie alimentaire»

Le pire, l’inconscience de Monsanto va être épaulée par la puissance financière de Bill GATES au travers d’œuvres de charité. Qui ressemble à un petit arrangement entre amis… Et pour continuer sur la lancée la prochaine étape sera d’imposer les OGM qui selon Monsanto sera la seule alternative pour nourrir les 15 millions d’habitants du Malawi.

champ de maïs Réflexions

Les propos de cet article sont clairement exprimés dans le film de Coline SERREAU “Solutions locales pour un désordre global” où elle met en évidence la “mécanique” décrite précédemment. Prochainement nous allons chroniquer le livre issu du film.

Pourquoi faire pousser le maïs alors qu’il n’est pas endémique de l’Afrique. Des cultures locales seraient probablement plus adaptées (sans parler du besoin en eau, en engrais et en traitements). Tout en apprenant aux populations locales de conserver la biodiversité et de cultiver selon la nature.

Pour vous faire une idée de l’ampleur du problème, lire les quelques chiffres publiés sur cet autre article de Libération “Monsanto au Malawi. Repères”.

 

Crédits photos : WikipédiaMarie Sophie-Creamarie

Un article intéressant paru le 5 mars sur Slate.fr : Le pari de Warren Buffett pour le XXIe siècle: le train. Cet article est une traduction de l’article originale d’Annie LOWREY sur Slate.com du 28 février.

locomotive bombardier traxx br186 ECR

Warren BUFFETT investit dans le fret ferroviaire

En effet, le milliardaire américain a investi l’an dernier dans une société de fret ferroviaire (BNSF) alors que la tendance était à l’investissement à “l’Ouest”, Singapour, Hong Kong, Silicon Valley et dans des secteurs éloignées du ferroviaires : réseaux sociaux et économie émergente. L’investissement en question a tout de même représenté 26.5 milliards de dollars ! Alors, coup de folie du milliardaire ou investissement raisonné ?

Tout simplement le fret ferroviaire représente aujourd’hui un potentiel de croissance énorme face aux transports routiers. Et d’un point de vue Développement Durable, l’impact écologique est très favorable. Jugez vous-même : un litre de diesel permet de transport une tonne de fret sur 200 km, soit environ trois fois plus que les camions. Si les locomotives sont électriques (et en fonction de la source d’énergie pour créer l’électricité) l’impact est encore moindre.

Un secteur rentable

La société de Buffett a tout de même réalisé l’an dernier un bénéfice de 3.6 milliards de dollars pour un chiffre d’affaire de 15 milliards. Une rentabilité donc extrêmement importante. Un autre chiffre qui demande réflexion  : les USA comptent aujourd’hui deux fois moins de voies qu’en 1970 ! Cependant, les sociétés actuelles transportent plus de fret qu’en 1970 (peut-être sont-elles moins nombreuses ?). L’association américaine du rail estime que le trafic va doubler d’ici 2035, ce qui aurait pour effet de rajeunir et d’étendre le réseau américain.

Bien entendu, Buffett n’a pas été le seul grand investisseur à vouloir injecter des milliards de dollars dans les chemins de fer l’année dernière. La Maison blanche a tenté de stimuler le secteur par un financement de plus de 50 milliards de dollars (Elle a aussi placé le PDG de la BNSF au Job Council, équivalent américain de la Chambre des Métiers).

L’explication est simple: les chemins de fer coûtent cher, mais cela en vaut la peine. Le Millennium Institute, groupe de promotion du développement durable, a récemment exposé les avantages qu’il y aurait à dépenser de 250 à 500 milliards de dollars dans l’amélioration du système ferroviaire interurbain aux États-Unis: débarrasser les routes de la plupart des poids lourds, permettre à des millions d’Américains d’avoir accès à des trains à grande vitesse, réduire la consommation d’essence… et accroître le PIB.

Et chez nous qu’en est-il ?

Je travaille pour un constructeur ferroviaire. A ce titre ça me permet de suivre l’actualité dans ce secteur. Les investissements des dernières années ont eu lieu essentiellement dans le secteur du transport de personnes (pour la France). Ce sont près de 2000 trains régionaux qui sont aujourd’hui en commande auprès de deux constructeurs implantés sur le territoire nationale. Le chiffre d’affaire engendré pourrait dépasser les 15 milliards d’euros (que pour le matériel) ! Sur la première décennie de ce siècle ce sont près de 1000 trains régionaux qui ont été fabriqués. Ce sont les régions qui supportent aujourd’hui l’investissement de ces trains avec la SNCF comme opérateur. Au même titre des TGV ont été commandés (notamment pour la LGV Est). Et la région parisienne rajeunit ses flottes : nouveaux RER, nouveau métros, arrivée de tramways…

Les collectivités locales ne sont pas en reste et investissent dans les tramways. Ces deux dernières années (et de façon non exhaustive) des investissements ont eu lieu à Montpellier, Besançon, Brest, Dijon, Rouen, Le Havre, Nantes. Même l’île de la Réunion avait un projet de tram-train. Ce projet (énorme, 1.6 milliards d’euros !) permettait de désengorger le Nord de l’île, centre économique, en reliant l’aéroport au port par une voie de 40 km. Pour être allé à la Réunion, le réseau routier est totalement saturé, avec une population en forte augmentation. Ce projet était par conséquent indispensable d’un point de vue écologique (moins de voitures et donc moins de GES) et social (permettre les déplacements et l’emploi, pour la construction et ensuite pour l’exploitation). Pour des raisons politiques le projet a été abandonné… pour être remplacé par 2000 bus !

Quand au fret, en France, certaines commandes de locomotives ont été annulées en raison de la crise de fin 2009. Cependant, des opérateurs privés opèrent depuis quelques années sur le réseau français (et augmentent leur flotte). Les nouvelles dispositions du Grenelle de l’Environnement (taxe poids lourds) conjuguées à l’augmentation du prix des carburants pourraient peut-être relancer le fret ferroviaire.

Crédits photos bob the lomond

le site du ministere de l ecologie jardiner autrement C’est la quantité de pesticides utilisés tous les ans par les jardiniers amateurs en France ! le ministère de Ecologie relance sa campagne annuelle « Les pesticides, apprenons à nous en passer ! ». Effectivement, ça va être nécessaire.

Le plan du ministère est de réduire de 50% d’ici 2018 (on se donne tout de même 7 ans !) l’usage des pesticides “non agricoles”. C’est-à-dire jardins particuliers, cimetières, voiries-trottoirs, parcs publics, terrains de sports, zones industrielles et aéroports. Cette utilisation représente tout de même 5% du total des pesticides. Le problème : ces substances sont utilisées en ville au plus près des habitations.

Le plus inquiétant sont les chiffres annoncés d’après un sondage : seulement 32% des jardiniers pensent que les pesticides sont dangereux, 20% d’entre aux estiment qu’il n’y a pas de danger ! Pas d’information pour les 48% restants, peut-être n’ont-ils pas d’avis ?

Un site internet a été mis en place par le Ministère de l’Ecologie Jardiner Autrement. La partie jardiner autrement est pour l’instant… vide ! Mais en 7 ans il sera possible de le remplir. N’aurait-il pas été intéressant de lancer la campagne avec de la matière à proposer aux jardiniers ?

Pourquoi le Grenelle de l’Environnement limite-t-il cette réduction aux non-agricoles ? Pourquoi ne pas réduire les 95% restants ? Pourquoi ne pas interdire purement et simplement l’usage des pesticides (et autres traitements) sur la voie publique ? Nous pourrions gagner du temps sur les 7 ans.

Si l’initiative est louable les moyens et les ambitions que se donnent le Ministère semblent particulièrement en retrait par rapport aux réalités.

Rappelons que les abeilles (premier vecteur de pollinisation) souffrent de tous les produits chimiques. Une récente étude a montré qu’aux Etats-Unis ce sont 90% de 4 espèces de bourdons qui ont disparu ! Voir l’article du Monde du 03 janvier dernier Les bourdons, importants pollinisateurs, en fort déclin aux Etats-Unis.

Marketing et developpement durable-strategie de la valeur etendue-dunod Marketing et développement durable. Stratégie de la valeur étendue.

Auteurs : Ganaël BASCOUL et Jean-Michel MOUTOT

Préface de Véronique BOURREZ

Editions DUNOD

ISBN 978-2-10-053265-0

“Marketing” et “Développement durable”, deux expressions qui, a priori, ne font pas bon ménage. Et pourtant, nous constatons une mutation du marketing de certaines sociétés afin d’y inclure une dose de Développement Durable.

C’est de cette mutation dont les auteurs traitent dans ce livre.

Définition du marketing

D’après le dictionnaire anglophone Merriam-Webster, la première définition du mot marketing, datant du XVIe siècle est “l’acte ou le processus d’achat et de vente d’un produit”. Il s’agit donc de participer au fonctionnement d’un marché, à la rencontre entre l’offre et la demande.

Si l’achat s’effectue c’est que le vendeur apporte une “valeur ajoutée” au produit vendu.

Par exemple, acheter une baguette de pain (chez un boulanger) revient plus cher que la farine, le sel, la levure et l’eau nécessaire à sa préparation. (…) Du point de vue de l’acheteur, il y a donc un fort bénéfice à pouvoir acheter une baguette toute prête. Le boulanger crée potentiellement de la valeur, du moment qu’il a des clients à qui il peut vendre son pain, c’est-à-dire qu’il y a une demande et un marché.

En quoi le Développement Durable va-t-il changer cette notion de marketing ?

Mutation de la Valeur Ajoutée (VA) vers la Valeur Etendue (VE)

En quoi consiste la Valeur Etendue ?

Contrairement à la valeur ajoutée qui dépend simplement de la satisfaction d’intérêts à court terme du vendeur et de l’acheteur, la valeur étendue va intégrer des facteurs extérieurs liés à l’environnement et à la société.

Elle intègre donc les composantes essentielles du développement durable : l’écologie et le social. Elle se définit, contrairement à la VA sur un temps beaucoup plus long et se décline selon 3 étapes :

  • ANTE : la vie du produit avant sa consommation
  • PERI : la vie du produit pendant sa consommation
  • POST : la vie du produit après sa consommation

Ces trois périodes de la vie du produit seront à décliner dans les deux domaines écologie (ECO) et social (SOCIO). Nous obtenons donc un modèle à six dimensions. Schématiquement on représente ces six dimensions par un hexagone avec en abscisse le temps. Deux points à noter : le premier est que les sociétés vont rarement au bout de la démarche marketing DD, en s’arrêtant à l’aspect ECO ou SOCIO, le deuxième est qu’en fonction du secteur d’activité, le “poids” de chacune des six dimensions peut varier.

Pour aller plus loin dans la démarche, il existe des outils :

  • l’analyse du cycle de vie (ACV)
  • la perception du cycle de vie (PCV)

Ces outils ne suffisent pas. Il faudra, d’une part, intégrer la société civile à la réflexion (associations, ONG, consommateurs…) et, d’autre part, repenser sa communication globale.

Avis

Rarement je me suis retrouvé dans la situation de devoir relire un paragraphe. Dans ce livre c’est arrivé à presque toutes les pages ! Non pas que le propos est difficile à comprendre mais tout simplement parce qu’on a l’impression de faire du “sur place”. On a l’impression de perpétuellement relire ce qui a déjà été lu. Les idées semblent se répéter de page en page. L’esprit dans ce cas se met en position “OFF”. Et on se dit à la fin du paragraphe “qu’est-ce-que je viens de lire ?”. On repart alors au début du paragraphe pour s’apercevoir… qu’on a rien perdu !

C’est dommage parce le sommaire est particulièrement clair… à l’opposé des illustrations qui n’illustrent pas grand chose.

Un bon point, cependant, les interviews qui étaient intelligemment les propos.

Autre constat désagréable : de nombreuses coquilles dans le texte. Un “de” manquant ou en trop, un trait d’union superflu, l’expression “le chant du signe” qui remplace “le chant du cygne”… Ces coquilles permettent cependant de se “réveiller” et de relire le paragraphe en cours.

Enfin, quelques exemples qui sonnent faux en regard de l’actualité récente.

  • Le partenariat FIDH/Carrefour sur les droits de l’homme au travail chez les fournisseurs : initiative louable… à condition d’appliquer chez soi ce que l’on demande aux autres (condamnation aux prudhommes de Carrefour pour avoir payé ses salariés en dessous du SMIC (France 2, Le Post, La Voix du Nord)).
  • Les exemples des constructeurs automobiles jouant le DD semblent mal positionnés. La volonté de ces constructeurs d’aborder le véhicule électrique était-elle bien réelle ? N’a-t-il pas fallu la crise (financière) de 2008, que les constructeurs se retrouvent au bord du gouffre (dedans pour certains), pour qu’ils se sentent l’âme verte et électrique ? Dans une vraie démarche DD, n’auraient-ils pas dû anticiper ?

Un autre aspect qui m’a surpris (presque choqué) : les citations en anglais ne sont pas traduites. J’estime que c’est peu respecter le lecteur. J’eus été particulièrement ennuyé si les citations avaient été en allemand, russe ou hongrois. Le business et le marketing ne peut être qu’anglais probablement !

Recommandation

Le propos est intéressant et d’actualité si les entreprises souhaitent s’en sortir. Dommage que le style et les coquilles rendent ce livre maladroit. A 25€ le livre on peut espérer pouvoir au moins éviter les fautes. Probablement que ce livre n’a pas (ou mal) été relu. Une très grande déception. A réserver aux esprits curieux parce qu’il y a tout de même des choses intéressantes à mettre en œuvre. Je pensais que l’éditeur, Dunod, travaillait plus dans la qualité.

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Actions Développement Durable – Pour sauver la planète TERRE : Des livres d’experts traitant d’Ecologie, d’Environnement et de Développement Durable.

Prochainement, nous allons chroniquer les livres suivants

 

Marketing et développement durable

Stratégie de la valeur étendue.

Auteurs : Ganaël BASCOUL et Jean-Michel MOUTOT.

Editions Dunod

 

 

Solutions locales pour un désordre global

Auteur : Coline SERREAU

Editions Actes Sud

 

Un métier pour la planète… et surtout pour moi !

Guide pratique des carrières du développement durable.

Auteurs : Elisabeth LAVILLE, Marie BALMAIN

Editions : Village mondial, Graines de changement, Pearson Education France

Indignez-vous !

Auteur : Stéphane HESSEL

Editions : Indigène

Collection : Ceux qui marchent contre le vent.

ISBN : 978-2-911939-76-1

 

 

 

 

 

Ce petit essai de Stéphane HESSEL permet de re-situer quels ont été les acquis de la résistance durant la seconde guerre mondiale, notamment sur le plan social. Le conseil National de la Résistance fut créé afin de s'opposer au fléau de l'époque : le nazisme. Sans ces résistants rien de la deuxième moitié du XXème siècle n'eut existé.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous, d'avoir un motif d'indignation.

Aujourd'hui va-t-il falloir entrer en résistance afin de sauver la planète ?

On peut déjà identifier deux grands nouveaux défis :

  1. L'immense écart qui existe entre les très pauvres et les très riches et qui ne cesse de s'accroître. (…)
  2. Les droits de l'Homme et l'état de la planète.

Il est grand temps que le souci d'éthique, de justice, d'équilibre durable devienne prévalent. Car les risques les plus graves nous menacent. Ils peuvent mettre un terme à l'aventure humaine sur une planète qu'elle peut rendre inhabitable pour l'homme.

Stéphane HESSEL invite à l'indignation sinon à la résistance et sans se limiter au sauvetage de la planète en rappelant la responsabilité de chacun.

Sartre nous a appris à nous dire "Vous êtes responsables en tant qu'individus"

Même si aujourd'hui, pour Stéphane HESSEL, les raisons de s'indigner semblent plus floues que l'indignation face au nazisme.

C'est vrai, les raisons de s'indigner peuvent paraître aujourd'hui moins nette ou le monde trop complexe.

Il appelle à la structuration de l'indignation donnant la part belle à la communication.

Il est évident que pour être efficace aujourd'hui, il faut agir en réseau, profiter de tous les moyens modernes de communication.

C'est exactement ce que ce blog tente de faire.

L'auteur

Stéphane HESSEL est né à Berlin en 1917 d'un père juif, Franz HESSEL, traducteur et écrivain, et d'une mère peintre, mélomane et écrivaine, Helen GRUND. La famille arrive à Paris en 1924. Il est naturalisé Français en 1937.

En 1939, peu après être entrée à l'Ecole Normale Supérieure, il est mobilisé. En 1941, il rejoint De Gaulle à Londres. En mars 1944, il est débarqué en France, sous le nom de code "Greco" afin d'organiser depuis Paris le débarquement. Il est arrêté le10 juillet 1944 sur dénonciation et déporté.

En 1946, il devient diplomate c'est ainsi qu'il participera à l'élaboration de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. Il est le plus jeune membre de la Commission. La Déclaration est adoptée le 10 décembre 1948.

En savoir plus…

Avis

Un essai très bref qui mérite d'être lu.

Le plus, les notes de l'éditeur qui permettent de situer la carrière de Stéphane HESSEL.

Un mot sur les Editions Indigène (2ème de couverture)

Indigène est une maison d'édition dédiée aux savoirs et aux savoirs et aux arts des cultures non industrielles des Premières Nations -Aborigènes d'Australie, Indiens d'Amérique, Tibétains, Inuit, Maoris…- sans oublier les "Indigènes" de nos propres sociétés, ces pionniers, chez nous, qui entendent rompre avec les logiques mercantiles, protectionnistes, standardisées, tout en dégageant de nouveaux pôles d'autorité intellectuelle et de viabilité économique.

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Voyage dans l'Anthropocène, cette nouvelle ère dont nous sommes les héros

 

Voyage dans l'Anthropocène

 

Le sujet

Notre planète a atteint l'âge vénérable de 4.5 milliards d'années. Elle est passée par différentes ères géologiques. Ces ères géologiques couvrent des périodes particulièrement longues.

Voyage dans l'Anthropocène, les ères géologiques (Wikipedia)

 
Durant cette longue histoire, la Terre, dans sa course autour du Soleil, n'a pas eu une constance absolue. L'orbite s'est plus ou moins allongée, plus ou moins approchée de l'astre du jour (cycles de 100000 ans). Ces variations ont entraîné des changements majeurs d'un point de vue climatique.

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Nous avons abordé il y a 11 500 ans l'Holocène. Cette ère se caractérise par différentes spécificités : une durée relativement courte au regard des ères géologiques, une constance des températures (une variation contenue dans les limites de 1°C). Cette constance a permis de voir émerger des évolutions majeures pour l'Homme : le développement de l'agriculture (qui a permis à l'Homme de passer de l'état de nomade à celui de sédentaire), le développement de l'industrie (plus particulièrement dans les 200 dernières années), une progression exponentielle de sa population.

La théorie

Même si l'holocène couvre une courte période, Claude LORIUS montre dans son livre que nous sommes entrés dans une nouvelle ère. L'élément qui a permis cette évolution n'est autre que l'Homme ! D'où l'appellation d'Anthropocène (du grec anthropos : homme).

Qui transforme aujourd'hui l'atmosphère au point d'en dérégler le climat ? L'Homme. Qui charrie plus de terre que tous les fleuves réunis ? L'Homme. Qui acidifie les océans ? L'Homme. Qui est en train de détruire les espèces vivantes qui constituent notre biosphère ? L'Homme. (…) L'être humain est devenu la principale force géologique sur la planète.

Comment Claude LORIUS étaie-t-il cette théorie ? Tout simplement en s'appuyant sur sa spécialité : la glaciologie. Claude LORIUS retrace dans son ouvrage les différentes étapes de sa réflexion issue des résultats des recherches tout au long de sa carrière. Le point de départ est l'Année Internationale de géophysique de 1957-1958 et le démarrage d'une passion pour Claude LORIUS. Claude LORIUS est volontaire pour une mission scientifique en Antarctique. Il fait partie de la première équipe française à y hiverner durant un an. Durant 50 ans il multipliera les expéditions aux pôles afin d'étudier, entre autre, les évolutions du climat. Voyage dans l'Anthropocène est donc cette évolution. Pourquoi aller chercher les indices de notre futur dans les glaces de l'Antarctique ? Tout simplement parce que la glace archive notre passé. Elle permet d'une part de stocker les poussières, d'enregistrer les températures, d'emprisonner des échantillons d'atmosphères. De quoi reconstituer les climats d'autrefois. L'idée est venue en 1965 à Claude LORIUS lorsqu'il dépose dans un verre de whisky un morceau de « vieille » glace provenant d'un morceau d'échantillon. Les bulles d'air prisonnières de la glace se sont libérées dans le liquide. Il faudra cependant attendre 1979 afin d'être en mesure d'en faire l'analyse. Pour la mesure des températures il fallut inventer un nouveau type de thermomètre : le thermomètre isotopique qui mesure la proportion de deutérium dans l'hydrogène permettant de déterminer la température lors de la création de la glace. Des forages profonds (plus de 3 km) ont permis d'analyser une très longue période de l'histoire. Le résultat pour les 300 dernières années est sans appel : la teneur en CO2 augmente, la température aussi. Pour retrouver une telle teneur en CO2, il faut faire un bond de 56 millions d'années en arrière ! La rapidité du phénomène n'a pas de précédent et correspond à l'activité industrielle de l'Homme. Nous sommes donc devant un dérèglement global de notre environnement et nous continuons à accélérer… droit dans le mur !

(…) Et nous voyons venir, fondant de plus en plus rapidement sur nous comme des aigles sur leurs proies, de grandes falaises inquiétantes. Nous aimerions pouvoir freiner, mais nous ne trouvons pas la pédale de frein. Nous aimerions pouvoir bifurquer, mais la route est impeccablement droite. Nous aimerions tirer la sonnette d'alarme, mais bien d'autres avant nous s'en sont chargés en vain : ces murailles sont dans nos têtes.

Les ressources de notre planète sont finies (au sens mathématique en opposition à infinies). Les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) ont mis plus de 500 millions d'années à se constituer. Nous les avons épuisées en 200 ans ! La population mondiale continue à augmenter. En 2011, nous devrions passer la barre des 7 milliards de terriens alors qu'en 1900 nous étions 1.6 milliards, en 2000, 6.8 milliards. En 2030 nous serons 9 milliards ! Et les terres agricoles disparaissent. Allons-nous vers la disparition de l'Homme (il faut rappeler qu'en moyenne les espèces sur la Terre ont une durée de vie de 5 millions d'années, l'Homme moderne à 160000 ans !) ? Peut-être.

Mais l'Homme ne disparaîtra pas seul, il entraînera dans sa perte l'essentiel de la vie sur Terre.

Claude LORIUS garde cependant une parcelle d'optimisme. Il croit en l'Homme. Mais l'Homme ne pourra s'en sortir qu'avec l'aide de L'Homme. Tous ensembles nous pouvons changer les choses, même si les dégâts à venir sont considérables. Le CO2 dans l'atmosphère a une durée de vie de 300 ans. Les effets du CO2 produit aujourd'hui se feront sentir pour les 3 siècles à venir, même si nous stoppons aujourd'hui nos émissions. Le niveau des océans va augmenter de façon énorme (la fonte des glaces du Groenland ferait monter les océans de 7 m, celle de l'Antarctique de 70 m !).

L'Anthropocène – ère de la mondialisation des échanges, de la globalisation culturelle, de la crise environnementale planétaire – nous oblige non seulement à repenser l'histoire, à reconsidérer nos modèles économiques, mais également à réapprendre à vivre ensemble.

Claude LORIUS amène la preuve, qu'en pleine guerre froide, il a pu, avec les Américains et les Soviétiques, travailler à un projet commun. Pourquoi n'y arriverions-nous pas aujourd'hui ? L'Homme est donc de loin le phénomène géologique le plus destructeur que la Terre ait connu. C'est ce que ce livre nous révèle. Il nous révèle aussi que nous sommes probablement devant un changement majeur et de notre monde et de nos sociétés. Il aura fallu 40 ans pour l'accepter, 40 ans pour accepter que nous sommes entrés dans une nouvelle ère. Peut-être que pour l'Homme ce sera la dernière. Cette nouvelle ère sera mise en discussion en 2012 à Brisbane lors du 34ème Congrès International de Géophysique qui devrait ainsi officialiser le passage dans l'Anthropocène. Ironie du sort, en ce début 2011, Brisbane est noyée sous les eaux de pluies diluviennes. Un signe des dérèglements de l'Anthropocène ?

Détails du livre

Titre : Voyage dans l'Anthropocène, cette nouvelle ère dont nous sommes les héros;

Auteurs : Claude LORIUS et Laurent CARPENTIER

Editeur : Actes Sud

ISBN : 978-2-7427-9534-5

Divers : 196 pages.

Voyage dans l'Anthropocène est divisé en

  • un prologue,
  • 7 chapitres (Les glaces ; Le secret ; L'Anthropocène ; L'accélération ; Le mur ; Les crépuscules ; Le sursaut)
  • un épilogue (dialogue entre Claude LORIUS et Laurent CARPENTIER),
  • une postface de Michel ROCARD,
  • dix graphiques,
  • une bibliographie.

Les auteurs

Claude LORIUS, né en 1932, glaciologue, pionnier de cette science, premier français à hiverner en Antarctique en 1957

Notre avis

Voyage dans l'Anthropocène est un livre particulièrement intéressant qui restitue merveilleusement bien où nous en sommes en retraçant la carrière de Claude LORIUS. Il n'apporte pas de solution, ce serait trop simple. Mais il apporte une ouverture pour l'esprit. Bien que scientifique, et néanmoins abordable par tout le monde, ce livre appelle à la philosophie, il appelle à la réflexion sur soi et sur notre devenir. Il appelle à la responsabilité de chacun. Les épreuves vont être terribles mais l'Homme a su montrer sa capacité à réagir face à l'adversité. Une leçon d'optimisme. Le premier livre de ce blog, pris un peu au hasard de l'actualité. Mais un livre particulièrement précieux et qui ne peut laisser indifférent. Lire la postface de Michel ROCARD particulièrement instructive.

Recommandation

A lire absolument, à diffuser et discuter… Et réfléchir sur notre avenir !

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Conférence de Claude LORIUS et Sciences et Avenir

Pour compléter le livre n’hésitez pas à visionner les 3 vidéos ci-dessous.

Elles ont été réalisées lors d’une conférence de Sciences et Avenir. Claude LORIUS, avec beaucoup d’humour, reprend les théories de son livre. Il est à noter qu’à la fin une question est posée par un “climato-sceptique”. On ressent l’exaspération dans les propos de Claude LORIUS : il vient de passer plus d’une heure à présenter les résultats de 40 ans de sa carrière, les données ne peuvent en aucun être mises en cause… et pourtant certains doutent ! C’est le propre de l’homme. Galilée aussi a eu ses sceptiques en son temps. Qui aujourd’hui oserait remettre en cause ses théories ?

 

Conférence de Claude LORIUS – L'histoire des climats – Sciences et Avenir – 1ère partie

 

Conférence de Claude LORIUS – L'histoire des climats – Sciences et Avenir – 2ème partie

 

Conférence de Claude LORIUS – L'histoire des climats – Sciences et Avenir – 3ème partie
 
Actions Développement Durable – Pour sauver la planète TERRE : Des livres d’experts traitant d’Ecologie, d’Environnement et de Développement Durable.
http://www.wikio.fr
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