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Ludivine a laissé un commentaire sur la chronique du livre "Des fraises en hiver", parlant notamment de la fabrication de produits d’entretien. Elle a gentiment accepté d’écrire un article sur ce sujet afin de nous faire part de ses expériences. Il est particulièrement intéressant et détaillé. Il ne reste plus qu’une chose à faire : essayer !
Ludivine est étudiante en médecine et tient le blog l’ordonnance ou la vie.
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Avez-vous déjà lu la composition des produits pour la maison que vous utilisez quotidiennement ? Généralement, la liste est longue, incompréhensible et accessoirement assortie d’un charmant logo : dangereux pour l’environnement. Une liste tellement étrange que j’en suis venue à me poser plusieurs questions : comment faisions-nous avant que ces produits industriels n’existent pour nettoyer ? Toutes ces molécules sont-elles vraiment utiles, font-elles vraiment une différence ? Ne pourrait-on pas réduire la liste à quelques produits de base, et si possible non dangereux pour notre planète et pour notre santé ? Après quelques recherches, je me suis rendue compte que de nombreuses solutions simples, efficaces, respectueuses existaient et que pour fabriquer tous les produits cités dans le titre, il suffisait de seulement quelques substances de base trouvables… en supermarché !
1. Pourquoi vous aussi, vous pouvez le faire !
Dans cet article, je vais vous exposer les solutions que j’ai adoptées depuis plusieurs mois déjà. Si vous vous lancez dans des recherches approfondies sur Internet, vous verrez que diverses recettes existent. Beaucoup d’entre elles proposent en quelque sorte de fabriquer des produits quasi-identiques à ceux du commerce par vous-mêmes avec une dizaine d’ingrédients. Personnellement la complexité me décourage d’emblée, j’ai préféré adopter le principe de la simplicité. Toutes les recettes sont donc très faciles à réaliser.
Mais avant de vous transformer en chimiste aguerrit, quel est votre intérêt à changer vos habitudes ? Plusieurs raisons sont tout à fait recevables.
Le coût
Fabriquer ces produits vous reviendra bien moins cher que ceux du commerce sachant que chaque matière première est multifonction.
Pour vous donner une idée, voici quelques exemples de prix des substances que vous allez pouvoir acheter :
- bicarbonate de soude : 1 kg = 4.5 euros
- cristaux de soude : 1.4 kg = 2.3 euros
- savon d’alep 12% : 200g = 3 euros
- vinaigre blanc/cristal : 1 L = 0.75 euros
Sachant qu’une fois acquis, ils vont vous permettre de tenir plusieurs mois (enfin cela va dépendre de votre addiction au ménage !).
Maîtriser la composition
Un autre avantage de la fabrication maison est qu’elle vous permet de maîtriser la composition de ce qui va entrer en contact avec votre corps (peau, poumons par la respiration, résidus sur les vêtements ou sur la vaisselle) et dans le même temps limiter le nombre de ces molécules dont la nature est souvent cryptée par une nomenclature illisible sans mode d’emploi. Ainsi, vous passez sans grand effort de 9 molécules étranges pour le liquide vaisselle (je prends pour exemple la composition de celui que j’utilisais) à 2 molécules que vous connaissez et de 10 molécules pour le nettoyant sol à 1 seule !
L’aspect éducatif
Si vous avez des enfants (ou des invités) vous allez pouvoir leur apprendre comment fabriquer simplement tous ces produits. Après ce rapide cours pratique, ces informations resteront et lors des achats, vos enfants, vos amis ne verront probablement plus les produits industriels de la même manière. Lorsque les consommateurs sont éduqués, ils perdent leur “naïveté” et leurs choix évoluent au fil du temps vers des actions plus responsables et respectueuses de leur écosystème. Evidemment, ce n’est jamais du 100% mais sont qui ont acquis les concepts, les conservent et les appliquent durablement.
Le plaisir
Et bien oui, le plaisir de savoir que les produits que l’on va créer et utiliser ne sont pas nocifs pour l’environnement. C’est une satisfaction que vous aurez à chaque utilisation et dont finalement peu de personnes peuvent jouir actuellement, vu que la plupart d’entre nous n’imaginent même pas à quel point il est simple de fabriquer tous ces produits d’usage quotidien, ni même à quel point ils sont polluants pour l’environnement. A présent, vous allez pouvoir faire la vaisselle, le ménage et la lessive dans la bonne humeur
2. Recettes et mode d’emploi
Produit nettoyant pour le sol
Pour ce produit, on part vraiment de la base. C’est la recette la plus facile à réaliser puisque vous n’avez besoin que :
- d’un seau avec sa serpière
- de vinaigre blanc/cristal
- de l’eau chaude
- et si vous le souhaitez quelques gouttes d’huile essentielle de citron ou tout autre huile essentielle dont l’odeur vous plaît.
En pratique, remplissez votre seau d’eau chaude si possible (ça sèche plus vite), ajoutez 1 verre de vinaigre pour le seau d’eau, puis… pas de miracle, passez la serpière. Le vinaigre étant de plus un désinfectant, vous pourrez par la suite vous allonger sur le sol sans crainte.
Produit vaisselle
Pour le produit vaisselle, quelques précisions. Pourquoi abandonner les produits vaisselle du commerce ? En plus des points cités au-dessus, lorsque vous lisez “anti-bactérien” sur une bouteille de liquide vaisselle, dites-vous déjà que c’est mal parti. Détruire les bactéries et autres microbes, pour ensuite essuyer la vaisselle avec un chiffon non stérile… ça ne sert pas à grand-chose. De plus, je n’ai jamais vu dans un de mes livres de médecine de cas rapporté d’une personne qui se serait intoxiquée avec sa vaisselle ! Avec des conserves fait maison oui, mais pas avec de la vaisselle contaminée. De plus, une fois nettoyée et rincée, votre vaisselle ne contient plus tellement de sources “alimentaires” pour nourrir les bactéries posées sur l’assiette, la fourchette etc. Les microbes finissent pour la plupart par mourir de faim au bout de quelques heures, votre vaisselle est donc quasiment désinfectée d’elle-même.
En revanche, le produit vaisselle que vous allez fabriquer va être très différent de celui que vous avez l’habitude d’utiliser, mais tout aussi facile à utiliser au quotidien et efficace, une fois que vous aurez dépassé l’état de surprise. Il vous faut savoir plusieurs choses avant de tenter l’expérience, dont une extrêmement traumatisante : le produit vaisselle maison ne MOUSSE PAS (je sais ça choque) et est LIQUIDE (catastrophe…). Pour autant, il a un grand avantage : il NETTOIE très bien !
Recette et préparation :
- bicarbonate de soude : 1 cuillère à café
- cristaux de soude / carbonate de sodium (synonymes) : 1 cuillère à soupe
- éventuellement 10 gouttes d’huile essentielle de citron (ou autre), dans ce cas stocker le liquide dans un récipient opaque ou en verre teinté, car les huiles essentielles se dénaturent à la lumière.
- compléter à 500 mL avec de l’eau
En pratique ce n’est pas compliqué, vous mélangez tous ces ingrédients dans une bouteille/votre ancienne bouteille de liquide vaisselle/ou une bouteille opaque si vous utilisez des huiles essentielles. Vous remuez le tout, laissez reposer quelques heures et c’est prêt ! Pour l’utilisation au quotidien, je secoue un petit coup avant utilisation, je prends une coupelle dans laquelle je verse un peu de liquide selon la quantité de vaisselle à faire et j’y trempe régulièrement mon éponge pour recharger en liquide vaisselle, sans pour autant l’imprégner totalement (en partant du principe que votre vaisselle a déjà vaguement trempé dans l’eau pour détacher les résidus, histoire de ne pas frotter et se faire une tendinite du coude). Je recharge l’éponge toutes les 4-5 pièces de vaisselle.
Pour détailler un peu l’action les cristaux de soude et le bicarbonate de soude ont une action dégraissante assez impressionnante. L’autre jour j’ai nettoyé des ustensiles imprégnés de mayonnaise maison et ils étaient parfaitement propres, non gras etc.
Ensuite, pour parfaire le nettoyage de la vaisselle, j’utilise dans l’eau de rinçage du vinaigre blanc, le même que pour le sol à hauteur d’1%, (environ 2 L d’eau bien chaude dans une bassine pour rincer la vaisselle de 4 personnes). Le vinaigre a une action complémentaire car il permet d’enlever le calcaire (vos fonds de casserole seront brillants et vos verres également) et il a une action désinfectante. Autant de bonnes raisons de l’adopter dans cet usage.
Vu que les produits ne contient pas de glycérine ni autre agent hydratant, utilisez des gants si possible, cela vous évitera d’avoir la peau desséchée à la fin et brûlée par l’eau chaude.
Lessive
Même histoire pour la lessive. Les lessives du commerce contiennent pour la plupart au moins un agent polluant pour l’environnement (souvent de l’EDTA). De plus, ces lessives sont régulièrement à l’origine d’allergies cutanées, de démangeaisons et autres indices qui indiquent que leur composition ne laisse pas notre corps indifférent.
Des recettes de lessive, il y en a plusieurs qui sont “réputées” sur le net avec plus ou moins de composants. Pour rester dans mon optique du “moins il y a de choses dedans, mieux je me porte” j’utilise la recette la plus simple à faire et dont je suis ravie.
Recette et utilisation :
- 150 g de savon d’Alep ou de Marseille rapé et composé d’UNIQUEMENT huile d’olive, huile de laurier (pourcentage inférieur à 20%), soude végétale. Dès qu’il y a de la glycérine, de l’huile de palme, du parfum ou autre composant que vous ne comprenez pas, c’est que c’est déjà bidouillé. Pour être sûr de trouver un produit de composition adaptée, allez en boutique bio ; dans les supermarchés, il est rare de trouver de “vrais” savons de Marseille ou d’Alep.
- 3 L d’eau
Cette recette comporte une phase pas très agréable qui consiste à râper le savon en copeaux. Pour autant, ce petit inconvénient est rapidement compensé par le fait que vous allez pouvoir préparer un bon stock de plusieurs litres de lessive. De plus, vous pouvez en râper à l’avance et le stocker jusqu’à la prochaine fournée. Autre alternative, certaines marques proposent directement des copeaux prêts à l’emploi ; néanmoins, attention à la composition !
Assurez-vous d’avoir une casserole pouvant contenir 3 L (vous pouvez faire plus en suivant les proportions) que vous faites bouillir. Puis vous ajoutez les 150 g de copeaux, vous mélangez jusqu’à dissolution complète, vous laissez tiédir, puis vous transférez dans un ancien bidon de lessive commerciale (si vous avez gardé le dernier de votre vie…
) ou dans tout autre récipient adapté. Secouez bien le mélange avant utilisation histoire de mixer les phases, puis remplissez la boule à lessive ou le bac. Après, selon le type de linge, des améliorations peuvent être apportées, mais la lessive seule suffit pour du linge porté au quotidien, qui n’est pas taché.
Parmi les améliorations, vous pouvez rajouter une poignée de cristaux de soude dans le bac à lessive, pour dissoudre des tâches de graisse. Autre option, ajouter du bicarbonate de soude (ajouter dans le bac à lessive) pour du linge à désodoriser comme les chemises par exemple.
Comme adoucissant, j’utilise du vinaigre blanc à hauteur d’un verre à moutarde dans le bac adoucissant. C’est étonnamment efficace. Si vous voulez parfumer votre linge, vous pouvez rajouter quelques gouttes d’huile essentielle.
Ce qui m’a le plus déstabilisée avec la lessive maison, c’est qu’une fois sec, le linge ne sent RIEN, même avec de l’huile essentielle, l’odeur ne reste pas. C’est très perturbant car nous avons tellement l’habitude d’associer linge propre avec parfum de synthèse que le cerveau s’en trouve déboussolé. Mais de manière amusante, après des semaines de lavage écologique, j’ai sorti de l’armoire du linge anciennement lavé à la lessive industrielle et j’ai trouvé l’odeur particulièrement agressive et très chimique. Comme quoi, on peut se rééduquer dans le “bon sens”.
3. Côté santé
Côté médical, bien que la médecine s’occupe peu de l’impact des produits industriels sur la santé, ne rêvons pas en pensant que ces produits n’ont aucune influence sur notre corps au long terme. Toutes ces molécules sont régulièrement en contact avec notre peau, nos poumons et les personnes qui se révèlent ultrasensibles à certains produits, sont en quelque sorte les témoins de leur action sur notre organisme.
Les allergies et autres irritations sont monnaie courante en consultation, et lors de l’interrogatoire on retrouve souvent un produit d’hygiène ou d’entretien acheté récemment, juste avant le début des signes. Etrangement, son arrêt entraîne une disparition des problèmes. Le lien est évident, alors pourquoi continuer à mettre notre corps sous pression ?
Du moment que des solutions alternatives simples et facilement accessibles existent, je ne vois pas où se trouve l’intérêt de continuer à soumettre notre système immunitaire – qui a déjà assez à faire avec les virus, bactéries et autres maladies – à des agents chimiques dont on peut se passer. Le calcul est vite fait, d’autant plus que c’est bon pour la planète, nos congénères quelle que soit leur espèce et cela nous coûte peu d’énergie. Alors, qu’est-ce qui vous retient de passer à l’action ?
